Bruxelles, 04/11/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a demandé aux autorités britanniques, le 26 octobre dernier, de répondre aux accusations d'Alstom selon lesquelles l'achat par Eurostar de trains à grande vitesse Siemens viole les règles des marchés publics dans l'UE.
Le porte-parole du commissaire au Marché intérieur Michel Barnier, cité par Reuters, a précisé mercredi 3 novembre que la Commission attendait la réponse de Londres et déciderait dans les meilleurs délais de la suite à donner à la plainte déposée par Alstom pour violation des règles européennes sur les marchés publics. Le 18 octobre, la Commission avait indiqué, sur la base des informations dont elle disposait, que le choix d'Eurostar ne lui posait aucun problème en termes d'appel d'offres.
Eurostar, qui opère de manière exclusive sous le tunnel sous la Manche le transport de voyageurs entre Londres, Paris et Bruxelles, a choisi début octobre l'allemand Siemens pour la fourniture de dix trains à grande vitesse de nouvelle génération pour un montant de quelque 600 millions d'euros, le préférant à son fournisseur historique le français Alstom.
Alstom reproche aussi au train de Siemens de ne pas respecter les règles de sécurité dans le tunnel sous la Manche. Ses trains à motorisation répartie (plusieurs moteurs placés le long de la rame au lieu de deux en tête et en queue de train) ne sont en effet pas homologués par la France en raison notamment de risques accrus en cas d'incendie et de déraillement. Outre sa plainte déposée à la Commission, Alstom a déposé une première plainte devant la Haute Cour de Londres, qui l'a débouté vendredi dernier. Mais le groupe français s'apprêterait à déposer un second recours à Londres pour rentrer dans le détail de l'appel d'offres.
Quant au gouvernement français, il n'a pas manqué de critiquer le choix d'Eurostar, filiale à 55% de la SNCF, arguant que l'accord passé avec Siemens n'était pas valide parce qu'il ne respectait pas les règles de sécurité en vigueur. Paris souligne notamment qu'un train doit mesurer au minimum la distance entre deux issues de secours du tunnel, ce qui n'est pas le cas de ceux du fabricant allemand.
En tout état de cause, la Commission a indiqué, le mois dernier, qu'elle n'avait aucune compétence concernant les règles de sécurité dans le tunnel sous la Manche. Les règles de sécurité, établies par une commission intergouvernementale franco-britannique seule habilitée à en entériner de nouvelles, sont en cours d'examen, et des essais menés avec le train de Siemens dans le tunnel à la mi-octobre s'avéreraient concluants pour le groupe allemand. (O.L.)