Bruxelles, 22/10/2010 (Agence Europe) - L'eurodéputée Nicole Kiil-Nielsen (Verts/ALE, française) demande, dans un communiqué de presse publié jeudi 21 octobre, que l'UE intervienne auprès du Maroc pour que cesse l'oppression du peuple sahraoui. Elle estime que « seul un référendum libre et équitable organisé par l'ONU permettra de sortir par le haut de ce conflit qui dure depuis trop longtemps ». En attendant, elle appelle l'Union européenne à « exclure le territoire du Sahara occidental, y compris ses eaux territoriales, de l'accord bilatéral de pêche signé entre l'UE et le Maroc ».
« Avec la colonisation marocaine au Sahara occidental, les habitants de ce territoire sont non seulement victimes d'une répression énorme dès qu'ils revendiquent des droits, mais aussi de discriminations et d'abus de toutes sortes. Ils sont devenus des citoyens de troisième classe dans leur propre pays. Les Sahraouis des zones occupées assistent à l'épuisement et au pillage de leurs ressources naturelles (pêche, phosphate…), sans obtenir aucun avantage de leur exploitation illégale », déclare Nicole Kiil-Nielsen, qui est membre de l'intergroupe Sahara Occidental.
Elle assure que depuis quelques semaines un phénomène nouveau et sans précédent se déroule autour de certaines des grandes villes occupées du Sahara Occidental: « Plus de 12 000 Sahraouis, hommes, femmes et enfants, sont littéralement en train de vider leurs villes et de s'installer sous des tentes ». C'est le signe de la persistance d'une crise que l'envoyé spécial américain Christopher Ross, actuellement en tournée dans la région, tente de réduire. Il souhaite obtenir une relance des négociations entre le Maroc et le Polisario.
Le protocole en vigueur sur l'accord de pêche UE/Maroc se termine fin février prochain. Les négociations pour le reconduire n'ont pas repris. 'L'Économiste', quotidien économique, précise qu'elles « auraient dû commencer bien avant l'été » et le risque serait, écrit-il, relayant une déclaration de l'ambassadeur de l'UE à Rabat, Eneko Landaburu, que « l'accord ne sera pas prêt à temps, à cause de l'avis conforme du Parlement européen dont les procédures sont longues ». « À ce rythme, les bateaux communautaires se retrouveraient au chômage dès mars prochain », selon le journal. (F.B.)