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Bulletin Quotidien Europe N° 10242
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/dÉveloppement/ape

Convaincre plutôt que contraindre

Bruxelles, 22/10/2010 (Agence Europe) - De la hâte, mais point de précipitation. À quelques semaines du troisième sommet UE/Afrique (Libye, 29 et 30 novembre), les ministres du Développement des 27 ont à cœur d'adresser à l'Afrique un message apaisant sur les accords de partenariat économique (APE) que les régions ACP(Afrique/Caraïbe/Pacifique) tardent à conclure (EUROPE n° 10241 et n° 10212).

« En Europe, nous sommes convaincus que le commerce est un levier authentique et durable pour le développement. L'état d'avancement des négociations n'est pas satisfaisant. Nous voulons convaincre plutôt que contraindre », a expliqué à la presse Charles Michel, ministre belge de la Coopération au développement, hôte du Conseil informel Développement de vendredi, qu'a présidé pour la première fois Catherine Asthon, la haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE. Il résumait ainsi la teneur de l'échange de vues par la Commission désireuse de fixer une date butoir aux régions qui négocient pour enfin en finir.

Informés par le commissaire au Commerce Karel De Gucht de l'enlisement des négociations initialement prévues pour êtres conclues à la date butoir de fin 2007 - OMC oblige - les ministres ont été unanimes à vouloir que ces négociations aboutissent en respectant l'objectif de développement de ces accords de libéralisation progressive des échanges, compatibles avec les règles du commerce multilatéral. « Je me félicite du volontarisme de Karel De Gucht résolu à obtenir un résultat en combinant ces deux fronts », a précisé Andris Piebalgs, commissaire au Développement.

Conscient des difficultés techniques et politiques rencontrées dans ce dossier, le Conseil plaide pour un ancrage régional des APE afin que ces accords facilitent l'intégration régionale. Il plaide aussi pour que l'UE et ses États membres fassent leur maximum pour accorder aux pays ACP la totalité du paquet financier « Aide au commerce ».

Le Conseil estime en outre qu'il faut se fixer des calendriers et des délais pour conclure « mais de manière raisonnable, avec bon sens, région par région, pays par pays », précise Charles Michel.

Enfin, la confiance entre l'UE et les pays ACP sera déterminante. Nombreux ont été les ministres à insister sur l'importance de cet élément, mis à mal par le degré de technicité des négociations et « pas mal de malentendus, puisque les pays ACP se sentent mis sous la pression de conclure dans la précipitation », souligne M. Michel.

Pour recréer une dynamique de confiance, ce qu'il faut, c'est « clarifier les choses » et porter les négociations à un niveau politique élevé, a-t-il expliqué. Une réunion internationale à laquelle participeraient plusieurs chefs d'État de l'UE et des pays ACP, ainsi que Catherine Ashton, pourrait, selon les ministres, être une solution.

« Des délais raisonnables et non pas intenables, de la flexibilité dans le cadre permis par l'OMC », c'est de l'avis de Charles Michel comme de la majorité des délégations au Conseil le point d'équilibre à trouver. De quoi satisfaire Karel De Gucht qui, dans la foulée de cette réunion ministérielle européenne, a rencontré les ministres du Commerce ACP au sein du comité ministériel commercial mixte.

« Pour le Sommet UE/Afrique en Libye, nous voulons adresser un message positif pour qu'il soit de qualité et que toutes les questions puissent être abordées, notamment la question du secteur privé. Nous ne voulons pas revivre Lisbonne où le deuxième sommet UE/Afrique (pris en otage par la question des APE: NDLR) a été une occasion manquée », a conclu le ministre belge. (A.N.)

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