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Bulletin Quotidien Europe N° 10188
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/concurrence

Deux enquêtes contre IBM en raison de suspicions d'abus de position dominante sur le marché des serveurs

Bruxelles, 26/07/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé, lundi 26 juillet, d'ouvrir des enquêtes antitrust formelles contre IBM Corporation dans deux affaires distinctes d'infractions présumées aux règles de l'UE en matière d'abus de position dominante sur le marché (article 102 TFUE). Les deux affaires sont liées au comportement d'IBM sur le marché des serveurs centraux. La première enquête fait suite à des plaintes déposées par les vendeurs de logiciels d'émulation T3 et Turbo Hercules, selon lesquelles IBM lierait le matériel pour serveurs centraux à son propre système d'exploitation de ces serveurs. La deuxième enquête, ouverte à l'initiative de la Commission, porte sur le comportement discriminatoire présumé d'IBM vis-à-vis de ses concurrents fournissant des services d'entretien des serveurs centraux.

Les serveurs centraux sont de puissants ordinateurs utilisés par de nombreuses grandes entreprises et institutions gouvernementales dans le monde pour stocker et traiter des informations commerciales essentielles. Selon la Commission, la grande majorité des données des entreprises au niveau mondial repose sur les serveurs centraux. En 2009, environ 8,5 milliards d'euros à l'échelle mondiale et 3 milliards d'euros dans l'Espace économique européen ont été consacrés aux nouveaux matériels et systèmes d'exploitation des serveurs centraux.

D'après la Commission, « IBM se livrerait à une pratique illégale consistant à lier ses matériels pour serveurs centraux à son système d'exploitation dominant de ces serveurs ». Selon les plaignants, cette pratique aurait pour conséquence d'évincer du marché les fournisseurs de technologies d'émulation grâce auxquelles les utilisateurs pourraient exécuter des applications essentielles sur du matériel autre qu'IBM. Par ailleurs, la Commission craint qu'IBM puisse s'être livrée à des pratiques anticoncurrentielles en vue de verrouiller le marché des services de maintenance (en évinçant ses concurrents potentiels du marché), notamment en restreignant ou en retardant l'accès aux pièces de rechange dont IBM est le seul fournisseur. L'ouverture de procédures ne signifie pas que la Commission dispose de preuves attestant des infractions mais simplement qu'elle réalisera en priorité des enquêtes approfondies sur ces affaires. (L.C.)

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