Bruxelles, 26/07/2010 (Agence Europe) - L'Union européenne a officiellement décidé, lundi 26 juillet à Bruxelles, d'ouvrir dès le lendemain des négociations en vue de l'adhésion de l'Islande à l'UE. Les discussions promettent d'être difficiles sur la pêche et le contentieux à propos du cas Icesave.
Lors d'une conférence de presse, le ministre belge des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a déclaré que les négociations d'adhésion lancées avec l'Islande devraient « donner un élan à tout le processus d'élargissement ». Il a ajouté qu'il fallait tenir compte de la situation particulière de l'Islande qui est déjà « plus proche » de l'UE: « Elle est déjà membre de l'Association européenne de libre-échange » (AELE), « elle a repris certains des éléments de Schengen, et elle est assez avancée dans la reprise d'une partie de l'acquis communautaire », a précisé le président en exercice du Conseil Affaires générales. « Nous nous attendons à ce que ces discussions soient fructueuses. Ceci dit, ces discussions se feront avec le même soin et avec le même sérieux qu'avec les autres pays candidats », a assuré M. Vanackere. Il a admis l'existence de « questions à régler ». En répondant à des questions, le ministre belge a précisé qu'il pensait plus particulièrement aux « chapitres sur lesquels l'UE sait que des efforts seront nécessaires de la part de l'Islande, comme l'environnement, la pêche à la baleine, le secteur financier, le cas Isecave ».
« Rappelant les conclusions adoptées par le Conseil européen du 17 juin 2010, le Conseil a adopté la position générale de l'UE, y compris le cadre de négociation, en vue de l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'Islande. À cet effet, le Conseil se réjouit de la tenue de la séance d'ouverture de la Conférence intergouvernementale ce mardi 27 juillet 2010 », lit-on dans les conclusions adoptées lundi par le Conseil Affaires générales.
L'Islande a déposé sa candidature pour l'entrée dans l'UE le 16 juillet 2009, dans le sillage d'une crise financière qui avait poussé son opinion à souhaiter bénéficier notamment du parapluie de l'euro. Depuis, l'enthousiasme de la population a nettement reculé. Le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, a commenté à l'AFP qu'il n'avait « pas tout à fait l'impression au niveau des sondages que les Islandais eux-mêmes soient très favorables. C'est tout le problème ». Plusieurs gouvernements de l'UE partagent cette analyse et s'interrogent sur l'empressement de la Commission européenne à forcer l'allure avec l'Islande. Les négociations comportent 35 chapitres et s'annoncent problématiques sur la pêche. L'Islande veut protéger ses zones de pêche au cabillaud et continue de chasser la baleine. Le problème de la banque islandaise Icesave constitue un autre écueil. Un contentieux oppose l'Islande d'un côté, et les Pays-Bas et le Royaume-Uni de l'autre, concernant l'indemnisation des clients britanniques et néerlandais de cet établissement, sérieusement malmené durant la crise financière. Cette indemnisation a été prise en charge par Londres et La Haye, qui attendent à présent le remboursement. (L.C.)