Baisse des flux mondiaux d'investissements directs étrangers en 2009. - Les flux mondiaux d'investissements directs étrangers (IDE) ont atteint leur point le plus bas au second semestre 2009 avant de reprendre modestement durant le premier semestre 2010, selon le dernier rapport annuel de la CNUCED sur les investissements dans le monde. Le redressement devrait s'accélérer durant le deuxième semestre de cette année, et se poursuivre de manière croissante en 2011 et 2012 (voir pour plus de détails EUROPE n° 10187). Par régions, en 2009: 1) Pays développés: les flux à destination et en provenance des pays développés ont chuté de plus de 40% en 2009, à 566 milliards de dollars et 821 milliards de dollars, respectivement, après un repli similaire l'année précédente. La crise a touché de manière inégale les entrées d'IDE selon les régions. L'Amérique du Nord a été la plus touchée. Les entrées d'IDE aux États-Unis, premier pays d'accueil d'IDE dans le monde, ont chuté de 60% (325 milliards de dollars en 2009 contre 130 milliards en 2008). Au Canada, elles ont reculé de plus de la moitié, à 19 milliards de dollars en 2009 et au Japon elles se sont contractées de 51% à 12 milliards. Les 27 États membres de l'Union européenne ont mieux résisté au choc, avec -33% (362 milliards de dollars). Si les entrées d'IDE ont diminué dans certains grands pays d'accueil comme le Royaume-Uni, la Belgique et l'Espagne, elles ont progressé dans d'autres, comme l'Allemagne, l'Irlande et les Pays-Bas. Les sorties d'IDE des pays développés ont chuté globalement de 43% ; 2) Pays en transition d'Europe du Sud-Est et de la Communauté des États indépendants: les flux vers ces pays devraient augmenter modérément en 2010. En 2009, les entrées d'IDE ont chuté de 43% à 70 milliards de dollars. Les investissements étrangers ont chuté de près de la moitié dans la première économie de la région, celle de la Fédération de Russie (38,7 milliards en 2009 contre 75,4 en 2008), alors que la deuxième économie, l'Ukraine, a vu ses entrées d'IDE se replier de plus de la moitié en 2009 (4,8 milliards au lieu de 10,9 en 2008). Au Kazakhstan, la contraction a été moins sensible car le pays restait attractif pour les projets concernant les hydrocarbures (12,6 milliards d'entrées d'IDE en 2009 contre 15,8 en 2008). Ces trois pays restaient les trois premiers destinataires de l'IDE en 2009. La contraction de 19% des sorties d'IDE de la région, à 51 milliards de dollars, n'a pas été aussi marquée que le repli des entrées. 3) Asie: l'IDE en Asie du Sud, de l'Est et du Sud-Est a moins souffert de la crise et c'est la première région du monde à progresser dès le milieu de l'année 2009, tirée par les investissements en Chine et en Inde. Cette partie de l'Asie représente désormais le cinquième des entrées mondiales d'IDE. Celles-ci n'ont reculé que de 17% en 2009, à 233 milliards de dollars. Les premiers destinataires sont la Chine (95 milliards de dollars contre 108 milliards en 2008), Hong Kong (48 milliards contre 60 milliards) et l'Inde (35 milliards au lieu de 40 milliards), qui se placent respectivement, au deuxième, quatrième et neuvième rang dans le monde pour les entrées d'IDE. Les investissements à l'étranger de la région n'ont diminué que de 8%, à 153 milliards de dollars. En Asie occidentale, les entrées d'IDE ont reculé dans tous les pays de destination de la région (-24%), à l'exception du Qatar (en progression de 112%) et du Liban (+11%), essentiellement au profit des secteurs du gaz naturel liquéfié et de l'immobilier, respectivement. Les Émirats arabes unis et la Turquie ont été les pays les plus touchés, avec un repli de 71% et de 58% respectivement. L'Arabie saoudite est restée le principal destinataire de l'IDE dans la région, avec des entrées totales de 36 milliards de dollars. Les sorties d'IDE ont diminué, pour leur part, de 39% en 2009 à 23 milliards de dollars. 4) Amérique latine et Caraïbes: les flux d'IDE en provenance de cette région se sont établis à 12 milliards de dollars en 2009 (à l'exclusion des centres financiers offshore). Les entrées sont tombées à 117 milliards de dollars l'an dernier, soit un recul de 36% par rapport à 2008. Le Brésil a été le plus touché, avec une contraction de 42%, mais il est toutefois resté le premier destinataire avec 26 milliards de dollars. Les sorties d'IDE ont diminué de 42% à 47 milliards de dollars, principalement à cause des flux négatifs du Brésil (- 10 milliards de dollars). 5) Afrique: les flux vers le continent africain ont diminué de 19% en 2009 à 59 milliards de dollars. Le repli a été inégal selon les sous-régions. L'Afrique de l'Ouest et de l'Est a enregistré une contraction relativement importante des entrées d'IDE. Les flux vers l'Afrique du Nord ont eux aussi diminué ainsi qu'en Afrique australe, même si cette dernière région est restée la principale sous-région bénéficiaire. Parmi les pays, l'Angola est resté le principal pays de destination, avec 13 milliards de dollars reçus en 2009 (contre 17 milliards en 2008), suivi par l'Égypte (9 milliards) et le Nigéria (7 milliards). Les sorties d'IDE ont baissé de 9,9 milliards à 5 milliards en 2009 dans toutes les régions, excepté l'Afrique australe. (I.L.)