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Bulletin Quotidien Europe N° 10178
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/cuba

L'UE salue la libération annoncée des 52 prisonniers politiques - Vers une révision de la position commune de 1996 en septembre ?

Bruxelles, 09/07/2010 (Agence Europe) - L'UE a salué la libération annoncée de 52 prisonniers politiques à Cuba mais on ignore encore si ce geste, annoncé par le président Raul Castro lors d'une rencontre avec le ministre espagnol des Affaires étrangères, Miguel Ángel Moratinos, le 8 juillet à La Havane, sera suffisant pour permettre à l'UE de revoir profondément sa politique à l'égard de l'île. « Je me félicite de l'annonce de la libération de 52 prisonniers politiques cubains et nous attendons la mise en œuvre rapide de cette décision », a commenté la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton. L'UE a poursuivi avec grand intérêt le dialogue entre l'Église catholique de Cuba et le gouvernement cubain et espère que ce dialogue aboutira à la libération de tous les prisonniers politiques », a-t-elle ajouté. « L'UE est prête à travailler étroitement avec les autorités cubaines et l'Église catholique pour appuyer ce processus », a encore dit Mme Ashton qui a particulièrement remercié M. Moratinos pour ses efforts déployés en vue de faciliter le dialogue entre le gouvernement cubain et l'Église catholique.

Pour le ministre espagnol des Affaires étrangères, qui a présidé le Conseil Affaires générales de l'UE au premier semestre de cette année, le temps est venu de modifier la « position commune » de l'UE sur Cuba. Adoptée en 1996, elle conditionne le dialogue entre l'UE et Cuba au respect des droits de l'Homme et aux progrès de la démocratie sur l'île. En 2003, suite à l'arrestation de 75 dissidents, l'UE avait pris des sanctions diplomatiques et suspendu le dialogue politique avec La Havane. En 2008, ces sanctions ont été levées et le dialogue politique a repris (y compris sur les droits de l'Homme), tout comme la coopération au développement. Après la libération annoncée des 52 prisonniers, il n'y a plus aucune raison de ne pas modifier la position commune de 1996 pour introduire un changement fondamental dans les relations UE/Cuba, estime M. Moratinos. L'évaluation annuelle de la position commune de 1996 est programmée pour l'automne, probablement déjà lors du Conseil Affaires étrangères du 13 septembre (mais aucune décision n'est encore prise sur le calendrier exact, insiste l'entourage de Mme Ashton). En juin, les ministres des Affaires étrangères des 27 ont déjà eu un débat sur la situation à Cuba mais, en attendant l'évolution du dossier des prisonniers politiques, ils avaient convenu de revenir sur la question « dans un avenir proche ».

Du côté de Mme Ashton, on reste prudent. La politique sera revue « à la lumière des avancées concrètes qui se seront produites d'ici là » ; de ce point de vue, « la libération des prisonniers politiques de l'île est un développement très positif », explique-t-on dans l'entourage de la Haute représentante. Steven Vanackere, le ministre belge des Affaires étrangères qui préside actuellement le Conseil Affaires générales, dit espérer « que ceci représentera une avancée dans un processus qui peut mener à une amélioration durable des relations entre l'UE et Cuba ». « Ce développement va en effet dans le sens des objectifs poursuivis par l'UE, en l'occurrence sur le plan des droits de l'Homme et des libertés fondamentales », affirme-t-il. Les pays membres d'Europe centrale, la République tchèque et la Pologne en tête, insistent beaucoup sur un changement profond du régime cubain en matière de droits de l'Homme et de liberté d'expression. « Nous devons attendre que les promesses du gouvernement cubain soient réalisées. Si elles le sont, la République tchèque en tiendra compte dans ses discussions avec l'UE », a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère tchèque des Affaires étrangères. L'unanimité est requise au Conseil pour modifier la position commune. (H.B.)

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