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Bulletin Quotidien Europe N° 10178
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/audiovisuel

Le cinéma européen a besoin d'un système d'aides efficace et diversifié

Bruxelles, 09/07/2010 (Agence Europe) - Le cinéma européen ne pourra survivre et se développer qu'à la condition d'être soutenu efficacement, et à toutes les étapes de la chaîne de création, par un système d'aides diversifié. Tel est le message transmis par les professionnels à l'issue d'un colloque consacré à l'avenir du cinéma européen, organisé les 5 et 6 juillet derniers, à Mons, auquel ont participé Fadila Laanan, ministre de la Culture, de l'Audiovisuel, de la Santé et de l'Égalité des chances en Communauté française en Belgique, et quelque 150 professionnels, des représentants des institutions européennes, des mandataires politiques et des délégués des États membres. Ce message, Fadila Laanan, qui présidera le « Conseil Culture », compte bien le transmettre à ses homologues européens, lors des discussions qui se tiendront à l'occasion de la révision de la « communication cinéma » prévue pour fin 2012. « Mon souhait est que nous puissions, grâce aux réflexions amorcées par l'ensemble des professionnels, contribuer de manière constructive à la rédaction de la nouvelle communication cinéma », a souligné la ministre Laanan.

Les discussions et les réflexions du colloque « De la directive SMA (services de médias audiovisuels) à la communication cinéma: vers une approche globale et cohérente du cinéma européen » ont porté sur trois thèmes: 1) la mise en valeur des œuvres européennes sur les plateformes de vidéo à la demande (VOD) ; 2) la nécessité des soutiens publics à toutes les étapes du processus de création cinématographique, de la création à la diffusion ; 3) la coexistence, la complémentarité et la multiplicité des différents systèmes d'aides en Europe. Relais essentiel, pour faire connaître les œuvres européennes, la VOD doit faire l'objet d'un soutien particulier de la part des États membres pour que les cinéastes européens rencontrent leur public sur ce nouveau média, dans le cadre de la directive SMA. Celle-ci prévoit, en effet, la possibilité pour les États membres d'adopter des mesures destinées à encourager les services à la demande, à promouvoir la circulation et la production des œuvres européennes ainsi qu'à en faciliter l'accès. En ce qui concerne le régime d'aides autorisées pour le cinéma, la communication cinéma comprend des lignes directrices destinées à s'assurer de la compatibilité des aides proposées avec les règles communautaires. La révision de la communication permettra d'adapter ces lignes directrices aux nouveaux défis rencontrés par le cinéma européen. Si la majorité des aides octroyées aujourd'hui concernent la phase de production des films, tous les professionnels insistent sur la nécessité de pouvoir disposer d'un éventail de soutiens publics à toutes les autres étapes de la création, de diffusion et d'exploitation. Seules des interventions publiques adaptées à chaque maillon du processus de création et de diffusion garantiront le succès du cinéma européen, ont-ils insisté. Or, la Commission européenne est plutôt frileuse à l'idée d'accepter des aides à la post-production, par crainte de distorsions de concurrence. « L'apport des industries techniques dans la réalisation d'un film n'est pas moins important que l'écriture du scénario. Les craintes de distorsions de concurrence (…) ne peuvent empêcher les pouvoirs publics de soutenir aussi ces maillons essentiels de la fabrication d'une œuvre cinématographique », a affirmé Mme Laanan, qui entend « encourager l'interdépendance entre création audiovisuelle et industrie culturelle » au cours de la Présidence belge.

En outre, l'audiovisuel n'a pas pour seule finalité la création culturelle. Il est également une industrie pourvoyeuse d'emplois et de valeur ajoutée non négligeable dans l'économie européenne. Dans ce cadre, des conditions de développement favorables à l'industrie cinématographique doivent être créées avec un éventail large et diversifié d'aides admissibles, que ce soit les aides classiques dites « culturelles » ou des aides plus économiques (incitants fiscaux). La prise en compte de ces deux aspects, d'une part, considérer des aides publiques à toutes les étapes de la création et de diffusion cinématographiques et, d'autre part, la nécessité d'avoir au niveau européen une approche adaptée aux différents systèmes d'aides qui coexistent aujourd'hui, permettra à la nouvelle communication cinéma de 2012 d'être en adéquation avec la réalité du secteur audiovisuel et de défendre la diversité culturelle dans le cinéma européen. C'est ce que la Présidence belge s'attachera à défendre, au cours des six prochains mois. (I.L.)

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