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Bulletin Quotidien Europe N° 10174
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/somalie

Premiers enseignements de la mission européenne de formation des forces somaliennes

Mbarara, 05/07/2010 (Agence Europe) - Au cœur d'un des plus importants camps de l'armée ougandaise, à quelque 700 kilomètres au sud-ouest de la capitale Kampala, les instructeurs de l'UE poursuivent la formation des forces de sécurité somaliennes. Depuis le début du mois de mai et le lancement de l'entraînement dans le cadre de l'EUTM (mission de formation des forces de sécurité somaliennes de l'UE lancée au début d'avril) (EUROPE n° 10110), plusieurs centaines de cours ont été donnés. L'entraînement intensif conduit à la fois par l'Union européenne (pour former les commandants des futures forces de sécurité) et par l'armée ougandaise (formation physique et prise en charge des recrues) semble porter ses fruits, après les premières surprises dues à l'environnement peu commun dans lequel opère cette première mission d'entraînement de l'UE. L'EUTM a mis en place, lundi 5 juillet, deux premières formations plus ciblées: une formation destinée aux 21 personnes les plus douées qui deviendront les jeunes officiers ; une autre pour entraîner aux combats en milieu urbain. Trois autres formations ciblées (lutte contre les engins explosifs improvisés, secours au combat, communications) seront lancées dès septembre. Les mesures ont aussi été prises pour coordonner l'ensemble des acteurs contribuant à la formation pour assurer le lancement sans heurts du deuxième cycle de d'entraînement prévu pour le 1er décembre.

Le but de cette mission est de fournir ce qui sera « une colonne vertébrale » et d'établir « une chaîne de commandement de base » des futures forces de sécurité somaliennes, actuellement en formation (EUROPE n° 10086), a précisé, le 1er juillet à Kampala, le commandant de la mission, le colonel Ricardo Gonzalez Elul. Pour l'instant, quelque 195 militaires somaliens reçoivent une formation pour les sous-officiers (capables de commander un groupe de dix personnes), conduite par l'Espagne, en apprenant les vraies bases de la technique militaire, comme la manipulation de l'arme, le suivi des ordres, le repérage sur le terrain, le renseignement. Mais, le démarrage de la mission ne s'est pas fait sans difficultés. Les 250 personnes recrutées au Puntland, une des deux régions séparatistes de la Somalie, ont été retenues par leurs autorités faute d'accord avec le gouvernement fédéral de transition somalien (TFG) sur leur déploiement. « L'intention initiale était de fournir des recrues entraînées au gouvernement et non aux autorités locales », selon le colonel Elul et les priorités de déploiement des autorités locales et du gouvernement de transition (qui préfère concentrer les troupes aux alentours de Mogadiscio dans la lutte contre les milices islamiques) étaient divergentes. Par conséquent, le nombre de recrues initialement prévu pour la formation EUTM (330) a été réduit et l'entraînement a pris un mois de retard. Il a été « compensé grâce à la souplesse » et « le ratio entre les entraîneurs et les entraînés suffisamment bon pour permettre un processus de formation accéléré », a précisé le colonel. Une réunion de l'ensemble des acteurs impliqués dans la formation (EUTM, Département d'Etat américain, mission de l'Union africaine en Somalie ou AMISOM, TFG, ONU) est prévue pour le début de septembre pour répartir les tâches et éviter que l'entraînement du deuxième groupe de recrues ne commence en retard. La coordination entre la livraison d'uniformes et d'équipements à la charge de la partie américaine, le recrutement ainsi que la capacité de transfert et d'accueil des personnes recrutées, à la charge de l'AMISOM, devront également faire l'objet d'une meilleure coordination. Des instructions ont été données pour aménager le camp de Jazeera (près de Mogadiscio) où sont transférées les recrues avant et après l'entraînement, a dit le colonel, qui a estimé que les discussions entre le Puntland et le TFG étaient sur une bonne voie. Pour l'UE, cette première mission sert également d'exemple. La connaissance de l'anglais, qui est la langue de la mission, est de plus en plus répandue facilitant les communications. Les techniques d'entraînement (la formation des sous-officiers repose sur neuf équipes en partie multinationales) ont été discutées et harmonisées entre les instructeurs. Les difficultés d'enseignement liées au taux d'illettrisme (sur une vingtaine de personnes suivant les cours pour les officiers seulement 4 ou 5 peuvent écrire, selon l'un des officiers maltais qui participe à la mission) seraient en partie surmontées et l'ensemble des recrues auraient désormais les capacités nécessaires pour effectuer des manœuvres, selon plusieurs officiers. L'entraînement intensif (douze heures par jour dont huit dans le cadre de l'EUTM) a même permis de nouer des liens entre les formés et les formateurs et échanger des expériences tant au niveau des techniques de combat que des capacités linguistiques.

La formation pour les officiers, qui a démarré lundi 5 juillet, est conduite par la France. Le Portugal commencera peu après à dispenser les cours de combat en milieux urbains, alors que les militaires restants continueront à suivre jusqu'en octobre les cours pour les sous-officiers. À chacune des neuf équipes de formation est attaché un observateur de l'armée ougandaise chargé de reprendre les tâches de l'EUTM après la fin de son mandat en avril prochain. L'Allemagne et l'Italie commenceront dès le mois septembre à dispenser des cours de transmission, de protection contre les engins explosifs improvisés (IED) et de premiers secours au combat. En parallèle, l'armée ougandaise fournit l'entraînement de base pour plus de 800 personnes. Elle prendra en charge, en octobre, des cours visant à développer la cohésion de l'ensemble des personnes formées. Un deuxième groupe de recrues (jusqu'à 1000 personnes) doit commencer l'entraînement le 1er décembre. (A.By)

 

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