Vers une croissance à deux vitesses en Europe ? - La zone euro se relève lentement de la crise économique avec une prévision de croissance de 0,8% en 2010 et de 1,3% l'année prochaine, indique le dernier rapport trimestriel « Eurozone Forecast » du cabinet Ernst & Young. Par ailleurs, il se creuse un fossé de plus en plus profond entre le nord et le sud de l'Europe. Les pays méridionaux devront s'accrocher afin d'éviter une « décennie perdue », tandis que les pays du nord affichent de meilleures perspectives grâce à leur plus grande compétitivité. Dans l'ensemble de la zone euro, l'emploi demeure le secteur le plus problématique puisque l'on s'attend à un taux record de 16,8 millions de chômeurs début 2011. Selon toute vraisemblance, les investissements d'entreprises devraient augmenter modérément en 2011 mais il faudra attendre 2015 pour qu'ils retrouvent leur niveau d'avant la crise. En outre, on prévoit une croissance médiocre de la consommation de 1% à 1,8% pour cette même année. Ernst & Young confirme par ailleurs une tendance déjà évoquée dans son édition précédente, à savoir que l'Europe est en passe de devenir une région économique à deux vitesses. Alors que l'on prévoit une augmentation moyenne du PIB des principaux pays du nord de la zone euro (Allemagne, France, Pays-Bas et Belgique) de 1,7% par an entre 2010 et 2012, une croissance que ces pays doivent à leur forte compétitivité, l'« Eurozone Forecast » annonce à l'inverse une croissance annuelle négative de -0,1% pour les pays du sud de l'Europe pour la même période. L'activité économique en Grèce, en Espagne et au Portugal n'atteindra probablement pas le niveau d'avant la crise avant 2014. Le rapport prévoit encore que, d'ici la fin de l'année prochaine, l'euro chutera à 1,05 dollar pour se relever ensuite lentement une fois que la croissance dans la zone euro aura repris vigueur. Dès lors, fin 2011, l'euro aura perdu 20% de sa valeur par rapport à la valeur maximale qu'il a connue au début de cette année. Au vu des prévisions de croissance médiocres et en l'absence de risques inflationnistes, l'« Eurozone Forecast » ne s'attend pas à ce que la Banque centrale européenne modifie les taux directeurs avant la mi-2011. (I.L.)