Bruxelles, 05/07/2010 (Agence Europe) - « European Friends of Israel » (EFI), qui vient d'annoncer sa constitution en tant que lobby européen en faveur d'Israël et de son économie (EUROPE n° 10173), entame sa campagne de persuasion et ses dirigeants ont été reçus le 1er juillet par le président Shimon Peres avec lequel ils ont évoqué « la question de la dégradation du climat politique en Europe à l'égard d'Israël et de la montée du phénomène de boycotts des produits et du monde des affaires israéliens qui se développe à travers l'Europe », rapporte Maariv. Le « phénomène prend de l'ampleur » et, selon cette source, des « fonds d'investissement européens se retirent des entreprises israéliennes pour des raisons qualifiées 'd'éthique' dans les affaires », écrit le journal (en hébreu) dans une traduction livrée par divers sites communautaires juifs européens. Ronny Bruckner, « chef de file du lobby, qui comprend des membres du Parlement européen et des hommes d'affaires européens de premier plan, a demandé au président Shimon Peres (...) d'intervenir devant le Parlement européen ». Il a « également demandé au président d'intensifier son action auprès des institutions de l'UE et de s'investir auprès des petits États européens qui ont récemment rejoint l'UE », ajoute le journal. EFI estime que « le boycott des exportations israéliennes pourrait toucher environ 30% de ces exportations vers l'Europe ». Il y a « une tendance dangereuse qui vise à imposer une interdiction totale de la vente des produits israéliens sur certains marchés européens ». Dans des déclarations rapportées par diverses sources, Michelle Goari, directrice d'EFI, a indiqué que le lobby pro-israélien a « réussi à contrecarrer un courant qui prônait qu'un nouvel accord dans le domaine aéronautique entre Israël et l'UE ne soit pas ratifié (et, apprend-on, c'est grâce à EFI que) l'accord fut finalement approuvé par une majorité de 465 voix contre 65 ».
EFI « se demande si c'est le bon moment pour soumettre au Parlement européen une proposition pour l'harmonisation des normes entre Israël et l'UE, car, étant donné l'atmosphère hostile à Israël actuelle, il est à craindre qu'il soit difficile d'atteindre une majorité de votes favorables ».
Accessoirement, il est fait état dans les informations en provenance d'Israël de tensions au sein du gouvernement suite à une « rencontre secrète » qui a eu lieu « au cours de la semaine écoulée » entre le ministre israélien du Commerce et de l'Industrie, Benjamin Ben-Eliezer (travailliste), et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, pour tenter d'enrayer la détérioration croissante entre deux pays jusqu'à présent alliés. La tenue de cette rencontre a été confirmée depuis. Le problème serait que le Premier ministre n'en avait pas averti son ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, membre incontournable de l'actuelle coalition gouvernementale. (F.B.)