Bruxelles, 05/07/2010 (Agence Europe) - Réunis au Palais d'Egmont à Bruxelles, lundi 5 juillet, les ministres de la Santé ont examiné les résultats de la conférence relative aux leçons tirées de la pandémie de grippe A(H1N1) 2009 (« Lessons learned from the influenza pandemic A(H1N1) 2009 ») qui s'est tenue dans la capitale belge les 1er et 2 juillet 2010. Cette conférence réunissait des représentants d'États membres de l'Union européenne et d'autres pays invités, des organisations internationales pertinentes, comme l'Organisation mondiale de la Santé, et des agences européennes, comme le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et l'agence européenne des médicaments (EMEA).
L'évaluation précoce, la surveillance épidémiologique, la coopération multisectorielle, l'incidence économique et les mesures médicales, y compris le recours aux antiviraux et aux vaccins, ont été analysés, de même que la gestion de l'information et la communication destinée au citoyen et aux parties prenantes. Au cours des débats, une attention particulière a été portée aux possibilités de minimiser les incertitudes, en particulier au début d'une pandémie, quant à la gravité du virus et aux groupes de population touchés, ainsi qu'au besoin d'une meilleure coordination de la mise en œuvre des stratégies en ce qui concerne l'utilisation d'antiviraux et de vaccins. En outre, la capacité de réaction de différents secteurs et la collaboration entre différents secteurs commerciaux ont été abordées en vue de renforcer la collaboration intersectorielle et de minimiser l'impact économique d'une crise sanitaire. Enfin, une session parallèle a été organisée pour examiner la communication destinée aux citoyens et aux professionnels, mais aussi pour étudier les possibilités d'implication plus active de parties prenantes et le recours aux nouveaux médias.
Les leçons tirées par les experts et les ministres de la gestion de la pandémie en Europe sont d'autant plus attendues que l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a vertement tancé l'OMS et les administrations nationales. Celles-ci se voient reprocher un manque d'impartialité (sous la forme de conflits d'intérêts, certains experts chargés d'évaluer le risque étant également rétribués par l'industrie pharmaceutique) dans l'évaluation du risque et la réponse vaccinale choisie. L'Assemblée parlementaire, soutenue en cela par un nombre important de députés européens, déplore à la fois les surcoûts engendrés par les campagnes de vaccination dans certains États membres et les conséquences négatives potentielles de cette gestion sur la confiance de la population dans les systèmes de santé publique.
« Au niveau européen - il faut l'avouer - nous devons nous améliorer en termes de cohésion et de coordination. Tous les États membres ont géré la pandémie avec les moyens divergents dont ils disposaient. Vu que le virus était beaucoup moins virulent que prévu, nous avons certes limité son impact mais cela s'est fait sans la cohésion nécessaire entre les États membres. C'est pourquoi il m'a paru important que notre première rencontre informelle des ministres de la santé évalue la manière dont la pandémie de grippe a été gérée », a déclaré la ministre belge de la Santé. « Outre une analyse de la manière dont l'OMS a géré la pandémie, nous devons étudier - objectivement et de manière critique - les instruments nationaux et européens et les instruments de l'OMS qui ont été mobilisés. Certaines des mesures prises ont montré leur efficacité ; d'autres devront être revues intégralement », a ajouté Laurette Onkelinx, à la veille de l'ouverture de la réunion informelle des ministres de la Santé qui s'achève ce mardi par un débat sur la sécurité sanitaire.
EUROPE reviendra demain sur les résultats de cette réunion. (O.J.)