Bruxelles, 14/06/2010 (Agence Europe) - 333 organisations européennes et nationales/locales de 27 pays européens ont signé, jeudi 10 juin, une déclaration pour la mise en place, à l'avenir (après 2013), d'une déclaration en faveur d'une « politique agricole et alimentaire commune saine, durable, juste et solidaire (http://www.europeanfooddeclaration.org ).
Après plus d'un demi-siècle d'industrialisation de la production agricole et alimentaire, l'agriculture paysanne a été fortement réduite en Europe et les cultures alimentaires locales ont régressé, lit-on dans cette déclaration signée notamment par les organisations européennes European Coordination Via Campesina, Friends of the Earth Europe, Greenpeace Europe, Eurogroup for animals, ou encore IFOAM EU group.
Aujourd'hui, « notre système alimentaire est dépendant des carburants fossiles, ne reconnaît pas l'eau et la terre comme des ressources limitées, et soutient des régimes alimentaires mauvais pour la santé, riches en calories et en graisses, et pauvres en fruits, légumes et céréales », poursuivent les auteurs de la déclaration. Ils préconisent une approche « complètement différente » vis-à-vis des politiques agricole et alimentaire et demandent que l'UE reconnaisse et soutienne « le rôle crucial de l'agriculture paysanne dans l'approvisionnement de la population ». Après des décennies de domination des entreprises transnationales et de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les choix de politique agricole et alimentaire, « il est temps pour la population en Europe de se réapproprier sa politique agricole et alimentaire: c'est l'heure de la souveraineté alimentaire », écrivent les organisations.
Selon elles, la nouvelle politique alimentaire et agricole commune: - considère l'alimentation comme un droit humain universel, et non simplement comme une marchandise ; - fixe comme priorité de produire l'alimentation humaine et animale pour l'Europe et de changer le commerce international agricole en le gouvernant avec équité, justice sociale et durabilité environnementale ; - promeut des modes alimentaires sains, en se dirigeant vers des régimes basés sur les végétaux et une consommation moindre de viande, de graisses saturées, de produits riches en énergie et de produits hautement transformés, tout en respectant les modes alimentaires culturels et les traditions populaires ; - donne la priorité au maintien de l'agriculture avec des paysans nombreux sur tout le territoire européen, qui produisent l'alimentation et maintiennent le paysage (il faut pour cela des prix agricoles justes et sûrs) ; - assure des conditions justes et non discriminatoires aux paysan(ne)s d'Europe centrale et orientale, et soutient un accès juste et équitable à la terre ; - respecte l'environnement, protège les ressources, accroît la biodiversité et respecte le bien-être animal ; - garantit que l'agriculture et la production alimentaire restent libres d'OGM, encourage les semences paysannes ainsi que la diversité des espèces domestiques et des cultures alimentaires ; - cesse de promouvoir l'utilisation et la production d'agro-carburants industriels et donne la priorité à la réduction du transport en général ; - assure la transparence tout au long de la filière alimentaire, de telle sorte que les citoyens sachent comment leur alimentation est produite, d'où elle provient, ce qu'elle contient et ce qui est inclus dans le prix final ; - réduit la concentration de pouvoir dans la transformation et la distribution alimentaires et son influence sur ce qui est produit et consommé, et promeut des systèmes alimentaires qui raccourcissent la distance entre paysans et consommateurs ; - encourage la production et la consommation de produits locaux, de saison, de haute qualité, reconnectant les citoyens avec leur alimentation et les producteurs ; - engage des ressources pour enseigner aux enfants les compétences et les connaissances essentielles pour produire, préparer, et apprécier une alimentation saine et nutritionnelle. (L.C.)