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Bulletin Quotidien Europe N° 10159
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JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/mÉditerranÉe

L'actuel schéma de l'UpM n'est pas opérationnel et ne mènera pas loin, estime Tahar Sioud

Bruxelles, 14/06/2010 (Agence Europe) - Pour sortir le dialogue Euromed de l'ornière, il serait important de répertorier « les défaillances du processus » et d'identifier « les responsabilités de chacun », estime Tahar Sioud, ancien ambassadeur de Tunisie à Bruxelles et ancien ministre du Commerce et des Affaires étrangères, dans une analyse publiée par le journal électronique « Medafrique.info ». Clairement, il appelle à « revoir la copie » et assure que la question palestinienne qui bloque le processus ne peut être ignorée.

Les responsabilités des pays de la rive sud sont « évidentes », indique M. Sioud. Il explique que « la volonté politique n'est pas aussi visible qu'elle devrait l'être et nous donnons, globalement, l'impression d'y aller à reculons. Mais ce n'est qu'une impression. Car il y a une réelle volonté politique de s'ancrer à l'ensemble européen », comme en témoignent les demandes « statut avancé » qui confirment une « volonté d'aller de l'avant et de se lier de manière responsable à une Europe qui est, bon gré, mal gré, le partenaire central de nos pays et un acteur potentiellement influent dans la zone méditerranéenne ». « Il est tout aussi évident, ajoute-t-il, que d'autres contraintes, des relations parfois malaisées entre voisins du Sud, les choix que fait chacun en fonction de ses propres intérêts ne facilitent pas l'instauration d'une parfaite identité de vues, ni de former un seul rang mais nos pays ne peuvent pas aller plus vite que la musique », dit-il citant l'exemple de l'Europe à qui il a fallu un processus « long, parfois tortueux, pour aboutir à ce qu'elle est aujourd'hui ».

Quant aux responsabilités de l'Europe, elles sont « relativement plus marquées, en proportion de son rôle et de sa capacité à peser sur le cours des choses ». Manque de volonté politique, difficulté de résoudre l'équation moyen-orientale et mise en place malaisée de sa « diplomatie commune », tels seraient les motifs de l'attitude européenne. « La question palestinienne pèse sur le processus Euromed » et « il est difficile de faire comme si le problème n'existait pas ». Il est à la fois un obstacle et un révélateur de la volonté de nouer des relations durables, confiantes et basées sur la justice - pour le peuple palestinien - et sur le droit. Ne rien faire sur ce dernier plan constituerait un mauvais signal et disqualifierait l'Europe dans tous ses discours sur les droits dans la région sur sa volonté de bâtir une « Méditerranée du droit et de la démocratie ». Le problème « devra trouver une issue, sinon l'UE ne pourra éviter d'apparaître comme un donneur de leçons sans consistance et sans crédibilité ».

Pour le reste, il juge que l'UpM n'est pas forcément utile, pas en l'état. Pour les aspects techniques, économiques et financiers, « il n'est pas nécessaire de se replacer dans l'Union pour la Méditerranée, laquelle est un projet politique et non simplement technique ». Et d'estimer que « l'actuel schéma (qui) n'est pas opérationnel ne mènera pas loin ». (F.B.)

 

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