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Bulletin Quotidien Europe N° 10159
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Renforcer l'économie de l'UE passe par un plus grand respect des règles, souligne M. Van Rompuy

Bruxelles, 14/06/2010 (Agence Europe) - L'existence d'un euro fort a en partie masqué les problèmes budgétaires des États membres de la zone euro qui n'y ont pas prêté suffisamment d'attention depuis le lancement de la monnaie unique. C'est la critique formulée par le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, dans un entretien paru dans le Financial Times du 14 juin. S'il souligne le préjudice causé par le manque de respect des règles du Pacte de stabilité et de croissance par les États membres et, plus généralement, le manque de réformes en Europe, M. Van Rompuy critique aussi l'attitude des marchés.

« Ce qui n'a pas fonctionné, ce n'est pas ce qui s'est passé cette année. Ce qui n'a pas fonctionné, c'est ce qui s'est passé pendant les onze premières années de l'histoire de l'euro. D'une certaine manière, on a été victimes de notre succès », juge M. Van Rompuy. Selon son analyse, « l'euro est devenu une monnaie forte avec de très faibles écarts de taux d'intérêt (pour les obligations des États, Ndlr). Cela a fait l'effet d'un somnifère. On ne s'est pas rendu compte des problèmes sous-jacents ». Le réveil est toutefois brutal. « La chose la plus dure maintenant est la réforme dans le domaine budgétaire et dans celui de l'économie: la compétitivité, les réformes du marché du travail, l'âge de la retraite », reconnaît M. Van Rompuy, qui assure: « Bien sûr, ce sera difficile. À certains moments, il y aura des tensions sociales et une opposition politique à tout cela. Mais je connais la plupart des dirigeants maintenant. Ils se préparent à prendre d'énormes risques parce qu'ils savent ce qui est en jeu pour la zone euro ». De la même manière, les marchés ne devraient pas réagir de manière excessive, poursuit-il.

« Les marchés ont été trop indulgents durant la première décennie, mais maintenant ils sur-réagissent beaucoup de fois pour de petits incidents », selon lui. « La plupart d'entre nous ne sont pas satisfaits des développements excessifs des marchés financiers. D'un point de vue plus général, les marchés sanctionnent de mauvaises politiques, parfois avec excès, de manière disproportionnée et en se basant sur des rumeurs et des préjugés », a-t-il ajouté. Le président du Conseil européen a par ailleurs répété que les États européens ne devaient pas exclure de modifier les traités européens pour renforcer le PSC. « Il n'y a pas de tabou à ce sujet. Mais, pour le moment, nous travaillons dans le cadre des traités existants », a-t-il réaffirmé, en glissant toutefois que « si il y a un consensus sur un changement au traité, je ne m'y opposerai pas. Nous sommes dans une des plus difficiles situations que l'on peut imaginer. Donc exclure certaines solutions ne serait pas sage ».

José Manuel Barroso a lui aussi rappelé le travail qu'il reste à faire aux Européens. « Notre priorité est de mettre de l'ordre dans nos finances publiques », a-t-il expliqué à la presse à l'issue d'une rencontre avec la chancelière allemande à Berlin, vendredi 11 juin. « Nous avons besoin de consolidation budgétaire et d'une nouvelle culture de stabilité financière en Europe », selon le président de la Commission. « Il y a une nouvelle prise de conscience que les règles n'ont pas été respectées et qu'elles doivent maintenant l'être », a-t-il ajouté, car « contourner les règles n'est pas un "Kavaliersdelikt" (délit mineur). Cela met en péril notre avenir collectif économique. Nous devons aller dans la direction opposée. Nous devons renforcer nos règles et la façon dont l'UE gère son économie ». (A.B.)

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