Bruxelles, 02/06/2010 (Agence Europe) - Le ministre iranien des Affaires étrangères, Manoucher Mottaki, a averti, mercredi, la communauté internationale que l'adoption de nouvelles sanctions contre son pays dans le dossier nucléaire mènerait à la « confrontation » et « tuerait » l'accord conclu à Téhéran le 17 mai avec le Brésil et la Turquie sur l'échange de combustibles. « Il n'y a que deux options (pour résoudre le problème nucléaire iranien): la coopération, basée sur l'accord de Téhéran sur l'échange de combustibles, ou la confrontation. L'adoption de la résolution du Conseil de sécurité (qui prévoit de nouvelles sanctions contre Téhéran) conduirait à la confrontation », a dit M. Mottaki devant la presse à Bruxelles. Le ministre estime cependant que le projet de résolution sur les nouvelles sanctions, qui est pourtant soutenu par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (y compris la Chine et la Russie), n'a « aucune chance » de passer. Il affirme même que son homologue russe, Sergueï Lavrov, avec qui il s'est récemment entretenu, soutient l'accord de Téhéran sur l'échange de combustibles. M. Mottaki a défendu le droit de l'Iran d'utiliser l'énergie nucléaire à des fins civiles et a indiqué que son pays voulait augmenter son parc nucléaire civil. « Nous avons besoin de 10 à 15 centrales nucléaires supplémentaires pour produire de l'électricité », a-t-il dit. Le ministre iranien a aussi dit qu'il était prêt à rencontrer la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, pour discuter du dossier nucléaire. « Nous avons déjà avancé deux dates qui n'ont pas été acceptées, donc la condition, c'est qu'ils nous avancent une nouvelle date. Ils n'ont pas encore donné de date », a-t-il dit. Selon lui, l'UE a de « grandes capacités » en matière de politique étrangère « mais malheureusement, elle ne les a pas utilisées au cours des dernières années », ni au Moyen-Orient ni dans d'autres régions en crise dans le monde. La raison en est que « certains dirigeants européens ont placé tous leurs œufs dans le panier de George W. Bush et que l'Union européenne a toujours suivi les États-Unis ». « L'UE doit changer son approche et sa politique étrangère », estime M. Mottaki. Le ministre a aussi réfuté les allégations avancées par le commandant en chef de l'Armée américaine et de l'OTAN en Afghanistan, le général Stanley Mc Chrystal, selon lesquelles l'Iran soutiendrait les talibans en Afghanistan. « Ces déclarations mensongères n'ont pour seul objectif que de cacher l'échec américain des huit dernières années en Afghanistan », affirme-t-il. Au contraire, « l'Iran fait toujours partie de la solution » aux différents problèmes qui se posent, « que ce soit en Afghanistan, en Irak ou au Moyen-Orient», a déclaré M. Mottaki. (H.B.)