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Bulletin Quotidien Europe N° 10151
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/aide humanitaire

La Commission augmente de 24 millions d'euros son aide alimentaire d'urgence à la région du Sahel - Kristalina Georgieva se rend au Niger le 3 juin

Bruxelles, 02/06/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a décidé d'allouer 24 millions d'euros d'aide humanitaire d'urgence pour la région africaine du Sahel, afin d'aider plus de 7 millions de personnes vulnérables victimes de la crise alimentaire principalement au Niger et au Tchad - deux pays dans lesquels l'état d'urgence a été décrété, mais aussi au Burkina Faso et dans le Nord du Nigeria, pour contribuer à combler le déficit de production alimentaire jusqu'a la prochaine récolte en novembre.

Cette décision a été annoncée mercredi 2 juin par Kristalina Georgieva, commissaire européenne à la Coopération internationale, l'Aide humanitaire et la Réponse aux crises, à la veille de son départ pour le Niger (3- 4 juin), l'un des pays les plus touchés par la crise alimentaire. « Je me rends sur place pour voir les projets que nous finançons afin d'évaluer l'efficacité de notre réponse humanitaire et m'entretenir avec les ONG et les représentants d'autres pays impliqués dans la gestion de la crise alimentaire au niveau mondial. J'essaie d'être sur le terrain autant que possible pour renforcer la confiance du contribuable dans l'aide européenne», a déclaré la commissaire à la presse.

Dans la foulée de son déplacement au Niger, elle se rendra à Rome pour participer aux réunions du Programme alimentaire mondial (PAM), partenaire clé de l'UE pour l'acheminement de l'aide.

Le budget d'aide de la Commission prévu pour l'aide alimentaire aux pays du Sahel était jusqu'à présent de 30 millions d'euros cette année, mais ne suffira pas à en croire la sonnette d'alarme tirée par le PAM à la veille d'une période de soudure entre deux récoltes. Les 24 millions d'euros supplémentaires, prélevés sur le budget d'ECHO, le service d'aide humanitaire de la Commission, seront ciblés d'abord sur les populations les plus vulnérables (les femmes enceintes et les enfants auxquels il convient de fournir une alimentation adaptée) puis étendus à l'ensemble de la population dans le besoin. Ils permettront de financer davantage d'opérations dans les secteurs de la santé (dépistage et traitement dans les hôpitaux des cas de malnutrition sévère, accès gratuit aux soins de santé d'urgence et services de santé mobiles pour les populations pastorales).

« Nous avons augmenté l'aide parce qu'il est nécessaire d'anticiper pour prévenir la survenue d'une crise majeure comme celle de 2005. Nous devons concentrer nos efforts sur la sécurité alimentaire et aider ces pays à pallier les variations climatiques éventuelles. Or, ils ont des capacités limitées. Les capacités de stockage de l'eau, par exemple sont ridicules: elles représentent 3 à 4% des capacités des pays industrialisés. Il faut aider ces pays à développer les pratiques agricoles permettant d'accroître la résilience pour gérer les situations en cas de mauvaises récoltes », a expliqué Mme Georgieva en insistant aussi sur l'intérêt qu'il y a à acheter des produits alimentaires sur les marchés locaux ou régionaux, comme le fait le PAM « pour ne pas nourrir ceux qui ont faim en ruinant les agriculteurs ».

Sous l'effet conjugué de l'irrégularité des pluies, des mauvaises récoltes, du renchérissement permanent des produits alimentaires, le Niger et le Tchad connaissent les plus grandes difficultés. Le déficit de production alimentaire à la fin de l'année 2009 est évalué à plus de 30% au Niger et à plus de 34% au Tchad. Dans ces deux pays, on estime à au moins 10 millions le nombre de personnes qui dépendent de l'aide d'urgence pour survivre en attendant la prochaine récolte. Mais le Nigeria et Burkina Faso subissent aussi l'impact de la crise alimentaire (A.N.)

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