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Bulletin Quotidien Europe N° 10003
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/g8/g20

Le G-20 montre l'utilité d'un G-8 plus homogène

Bruxelles, 21/10/2009 (Agence Europe) - La crise économique mondiale a « redonné vie » au G-20, en l'élevant au niveau des chefs d'État et de gouvernement, mais c'est justement la perspective de ces réunions élargies qui « rend souhaitable le maintien d'un Groupe de type G-8, plus homogène et rodé ». C'est ce qu'estime Pietro Calamia, ancien représentant permanent italien auprès des Communautés européennes et auprès de l'OCDE, dans sa contribution au dernier numéro d'Affari Esteri intitulée « Le G-8, les nouveaux équilibres internationaux et l'Europe ». Aux partisans "inconditionnels" d'un élargissement immédiat du G-8, l'ambassadeur Calamia réplique que cet élargissement devrait se faire graduellement, en notant que le G-20, « c'est bien » pour surmonter la crise économique mondiale, mais qu'on peut douter de son utilité pour faire face à d'autres crises internationales, du Moyen-Orient à l'Afghanistan, de la Corée du Nord à l'Iran, de l'Irak au Pakistan. D'autant plus, rappelle-t-il, que « le Sommet est né de l'exigence d'utiliser un forum plus restreint pour essayer de mieux faire fonctionner les organisations et les institutions internationales » qui ont besoin d'être réformées.

Comme participant aux trois premiers sommets de ce type - il était « note-taker » à Porto Rico et à Londres, puis « sherpa » à Naples, en 1994 - Pietro Calamia apporte un éclairage personnel à la réflexion sur l'évolution de ce genre de rencontres. Selon lui, un retour aux origines du sommet peut contribuer à « mieux définir les futures étapes » de son développement. Ainsi, l'ambassadeur Calamia se souvient que le Sommet « a une matrice européenne, ou plutôt communautaire ». Et il remarque que l'apparition presque simultanée de réunions régulières à ce niveau - le Conseil européen en 1974 et le Sommet à Six (puis à Sept) en 1975 - « est directement liée au passage de Valéry Giscard d'Estaing du gouvernement français à la présidence de la République en 1974. Comme ministre des Finances, Giscard avait été un protagoniste important des principales rencontres communautaires entre la fin des années soixante et le début des années soixante-dix, constate Pietro Calamia, qui souligne combien Valéry Giscard d'Estaing était « à l'aise » en présidant les réunions avec ses pairs. Or, ajoute M. Calamia, jusqu'en 1974, les chefs d'État et de gouvernement « étaient essentiellement exclus du vif du débat communautaire » (avant la création du « Conseil européen », les Sommets européens étaient exceptionnels et sporadiques: NDLR).

Dans les trente-cinq ans de son histoire, le Sommet a traversé des phases « plus ou moins dynamiques », en fonction des problématiques et des personnalités de ses protagonistes, reconnaît l'ambassadeur Calamia, qui tient cependant à démentir ceux pour qui ce genre de rencontre est une sorte de grand-messe inutile. Non, dit-il, contrairement à ce qu'imaginent la plupart des observateurs et malgré les proportions médiatiques de l'événement et l'augmentation du nombre des participants, le Sommet a évolué « vers une forme de rencontres directes entre chefs d'État ou de gouvernement, assistés par une seule personne, le sherpa ». (M.G.)

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