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Bulletin Quotidien Europe N° 10003
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) pe/libertÉ d'information

Divisé, le Parlement européen ne parvient pas à se prononcer sur la liberté d'information en Italie et dans le reste de l'Union

Strasbourg, 21/10/2009 (Agence Europe) - Selon un scénario bien connu, le Parlement européen n'est pas parvenu, du fait d'une confrontation gauche-droite, à se prononcer sur la liberté d'information en Italie et dans les autres pays de l'Union européenne. Le vote qui est intervenu mercredi 21 octobre (le débat avait eu lieu lors de la première session d'octobre à Bruxelles) s'est soldé par le rejet successif de neuf résolutions, à chaque fois par de très courtes majorités.

Le Parlement a d'abord rejeté (297 voix pour, 322 contre et 25 abstentions) une résolution proposée par les groupes PPE, ECR et EFD, qui soulignait « le rôle que jouent en Italie les médias locaux et régionaux dans la promotion du pluralisme des sources d'information et dans la sauvegarde de la diversité des langues et cultures régionales ». La droite du Parlement affirmait aussi que « le pluralisme de l'information en Italie est en outre garanti par l'accès large et libre aux secteurs les plus modernes de la communication tels que l'Internet, le numérique, le satellite et le câble ».

Le Parlement a également rejeté (335 voix pour, 338 contre et 13 abstentions) une résolution commune des groupes S&D, ADLE, Verts/ALE et GUE/NGL, qui estimait nécessaire de remédier à l'anomalie que constitue le conflit d'intérêts entre les pouvoirs politique, économique et médiatique, ainsi que la concentration du contrôle, qu'il soit direct ou indirect, des médias publics et privés. Le texte soulignait aussi la nécessité de faire en sorte que, dans tous les États membres, les exploitants publics soient indépendants et protégés de toute ingérence de la part des autorités gouvernementales. La gauche se déclarait « particulièrement préoccupée par la situation en Italie et considérait qu'elle pourrait avoir des conséquences pour l'ensemble de l'Europe et qu'une absence de réponse de l'UE serait de nature à affaiblir sa crédibilité quant à la définition de critères en matière de droits fondamentaux dans les relations extérieures et dans le processus d'adhésion ». Elle déplorait « les pressions et intimidations exercées par les autorités italiennes sur les journaux italiens et européens ».

Cette résolution demandait également à la Commission européenne d'élaborer et de présenter sans retard, avec la participation pleine et entière du futur commissaire chargé des droits fondamentaux, une proposition de directive sur la concentration des médias et la protection du pluralisme (342 pour, 327 contre et 15 abstentions). Les opposants à une telle directive appartiennent au PPE, à l'ECR et à l'EFD. À noter toutefois que six élus PPE (dont le Français Jean-Marie Cavada) ont soutenu cette demande de directive, les Belges du même groupe Ivo Belet, Jean-Luc Dehaene, Anne Delvaux et Marianne Thyssen s'abstenant lors de ce vote.

Lors du vote final sur la résolution de gauche, il n'a manqué que quatre voix à ses partisans pour l'emporter. Ont voté pour, l'ensemble des sociaux-démocrates, des verts, de la gauche unitaire européenne et les libéraux et démocrates, à l'exception de l'Italien Vincenzo Iovine qui a voté contre et des trois Irlandais Liam Aylward, Brian Crowley et Pat Gallagher. Ont voté contre les conservateurs, les élus EFD, le PPE, à l'exception des Italiens Antonello Antinoro, Carlo Casini, Luigi De Mita, Tiziano Motti, Herbert Dorfmann, de la Belge Anne Delvaux et du Français Jean-Marie Cavada.

Une résolution du groupe ADLE qui se bornait à demander cette directive et à inviter la Commission à étudier « les risques que représentent les trusts dans le secteur des médias en Italie » a été rejetée par une égalité de voix (338 pour, 338 contre et 8 abstentions). (O.J.)

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