Bruxelles, 13/10/2009 (Agence Europe) - Moins de six mois après l'engagement pris par le G8 et le Forum des économies majeures, en juillet à L'Aquila, de conclure les négociations commerciales multilatérales du round de Doha avant fin 2010, et en dépit de l'accélération des pourparlers techniques à Genève, la menace d'un échec pèse de nouveau sur l'Agenda de Doha pour le développement. Est principalement mis en cause, à Bruxelles comme à Genève, l'attitude hésitante, voire désintéressée, des États-Unis et de leur administration, sous pression au niveau interne avec la réforme de son système de santé, et au niveau externe avec les négociations pour un accord international sur le climat. Face aux atermoiements américains, les dirigeants de l'UE et du Brésil, réunis lors de leur 3ème sommet bilatéral mardi 6 octobre à Stockholm, ont admis qu'« en l'absence de progrès » dans les mois à venir, l'objectif de conclure le round en 2010 sera « menacé ». Aussi, ont-ils appelé leurs partenaires, dans un message adressé à Washington, à conclure le round à la lumière des progrès obtenus concernant les modalités, et à faire connaître rapidement leurs revendications. Européens et Brésiliens avaient probablement dû noter l'engagement incertain du président américain sur ce dossier, lors du dernier sommet G20 fin septembre à Pittsburgh, où Barack Obama avait appelé ses pairs à faire preuve de réalisme. Fin septembre, la secrétaire d'État française au Commerce, Anne-Marie Idrac, ne cachait pas son pessimisme quant à l'avenir du round de Doha, évoquant la « frilosité » des États-Unis, mais aussi de l'Europe, et jugeant qu'il est « un peu trop tard » pour conclure un accord. À Genève, où le Comité de l'agriculture de l'OMC poursuit cette semaine ses discussions techniques, la désinvolture américaine est également pointée du doigt, dans les rangs européens et des pays en développement. Les hauts fonctionnaires des pays membres se réuniront toutefois dans la semaine du 19 octobre au siège de l'organisation pour maintenir l'élan, à la veille de la 7ème conférence ministérielle de l'OMC, du 30 novembre au 2 décembre, qui se contentera d'évaluer les progrès des pourparlers depuis l'été. Les ministres du Commerce des pays exportateurs agricoles du groupe de Cairns et des pays émergents du groupe du G-20 à l'OMC se seront auparavant retrouvés les 28 et 29 novembre. Reste que, devant l'incertitude qui entoure l'avenir du round, les pays africains producteurs du coton du C-4 (Bénin, Burkina, Mali et Tchad) menacent de bloquer les négociations sur les subventions agricoles. Réunis le 9 octobre à Ouagadougou pour préparer la conférence de l'OMC, leurs ministres du Commerce ont affirmé leur intention d'aller au bout de leur combat pour que la question du coton soit enfin résolue. (E.H.)