Bruxelles, 13/10/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne s'inquiète de la procédure entérinée par les autorités allemandes des télécoms pour l'attribution de fréquences en 2010 sur son territoire, estimant que celle-ci pourrait favoriser les plus gros opérateurs. Soucieuse, la commissaire Viviane Reding, responsable de la société de l'information et des médias, a écrit une lettre aux autorités allemandes pour leur exprimer ses doutes à ce sujet. Les craintes de la commissaire rejoignent celles des petits opérateurs allemands (E-Plus, O2) qui ont demandé, de leur côté, au régulateur d'assurer à l'ensemble des opérateurs un accès équitable aux fréquences inférieures à un gigahertz, en limitant la capacité des plus gros à enchérir. Selon eux, T-Mobile et Vodafone auraient une position privilégiée pour enchérir, en qualité de premiers entrants sur le marché. Ils proposent dès lors une solution alternative qui consisterait à redistribuer une partie du spectre de fréquences déjà utilisées. Le comité consultatif de l'autorité allemande rejette les soupçons de la Commission. « Le Conseil a été surpris par la tentative de la Commission d'influencer la décision, alors qu'il n'existe aucune base juridique pour le faire », a-t-il déclaré. Cette opération est la plus importante vente aux enchères de fréquences de télécommunications numériques jamais lancée en Allemagne et pourrait rapporter cinq milliards d'euros à l'État. L'autorité de régulation allemande a donné son feu vert au projet qui pourrait être mis en œuvre au premier semestre 2010. Les enchères concerneront principalement des licences portant sur des fréquences situées dans le spectre libéré par l'arrêt définitif de la diffusion de la télévision hertzienne analogique et sont censées accélérer le développement des télécommunications à haut débit et améliorer la couverture du territoire, en particulier les zones rurales. (I.L.)