Bruxelles, 24/06/2009 (Agence Europe) - Un nombre écrasant de personnes ne connaissent pas leurs droits en cas de discrimination, a indiqué, mercredi 24 juin, l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA), à l'occasion de la publication de son rapport annuel.
Selon une récente enquête de la FRA, seules 39% des personnes interrogées issues de minorités savent que la loi interdit toute discrimination contre des personnes en raison de leur origine ethnique lorsqu'elles postulent pour un emploi. Parallèlement, seuls 20% connaissent une organisation offrant un soutien ou des conseils aux personnes victimes de discrimination. « Il est urgent de mieux informer les citoyens. La plupart des victimes de discrimination n'ont pas conscience du caractère illégal de ce phénomène. De même, nombre de personnes ne savent ni comment ni où déposer plainte. Par conséquent, le chiffre noir de la discrimination est extrêmement élevé », a déploré Morten Kjaerum, directeur de la FRA. « Les gouvernements sont tenus d'informer chacun de ses droits et de garantir un accès à la justice en pratique et non uniquement en théorie », a-t-il ajouté. La FRA appelle également les États membres à combler les lacunes en matière de protection juridique. En juin 2008, la Commission européenne a publié une proposition de directive visant à combler ces lacunes et à étendre la protection contre la discrimination (sur la base de la religion, des convictions, du handicap, de l'âge, et de l'orientation sexuelle) couvrant actuellement le domaine de l'emploi à ceux de la sécurité sociale, des soins de santé, de l'éducation et de l'accès aux biens et services et de leur fourniture. « J'exhorte les gouvernements de l'UE à adopter la proposition de la Commission européenne visant à élargir la protection contre tous les types de discrimination », a lancé Anastasia Crickley, présidente du conseil d'administration de la FRA. Le rapport indique par ailleurs que le manque de données collectées dans l'UE-27 continue d'entraver la mise en œuvre de politiques efficaces pour combattre la discrimination. D'après Morten Kjaerum, « de nombreux États membres ne disposent toujours pas de données officielles de justice pénale sur les crimes racistes ou de données suffisantes. Cette situation est symptomatique du manque d'intérêt politique et d'octroi de fonds pour aborder ce problème ». Concernant un crime raciste, dans la majorité des États membres de l'UE (15 sur 27), on constate soit une absence totale de données officielles de justice pénale rendues publiques, soit des informations limitées sur quelques affaires. Neuf États membres peuvent être considérés comme ayant un « bon » mécanisme de collecte de données sur les crimes racistes et, dans seulement trois États membres, ces mécanismes sont estimés « exhaustifs ». Pour consulter le rapport annuel de la FRA: http: //fra.europa.eu (B.C.)