Bruxelles, 24/06/2009 (Agence Europe) - Poursuivant son objectif consistant à resserrer les liens entre l'Europe et le continent africain, le commissaire européen aux transports, Antonio Tajani, a présenté, mercredi 24 juin, une nouvelle communication sur le partenariat Union européenne-Afrique. Intitulée « Connecter l'Afrique et l'Europe: vers un renforcement de la coopération en matière de transport », cette communication se veut le point de départ d'un dialogue stratégique entre l'UE et l'Union africaine (UA) dans le domaine du transport, qui, à terme, pourrait aboutir à un réseau euro-africain de transport (EUROPE n° 9831). Il ne s'agit à ce stade que de l'amorce du processus, conçu dans le cadre du partenariat UE/Afrique et dans lequel il faudra « faire preuve de bonne volonté », selon le président sénégalais Abdoulaye Wade chargé, entre autres, des questions des infrastructures au sein de l'UA. La conférence ministérielle sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), prévue en octobre à Naples, sera une occasion de mettre en place, au sein du partenariat conjoint UE-Afrique, un forum informel dédié aux transports. L'étape suivante devrait consister en l'élaboration d'un plan d'actions prioritaires basé sur les besoins identifiés par l'Union africaine. Le prochain sommet UE/Afrique, qui aura lieu fin 2010, sera l'occasion d'examiner les progrès de la mise en place de ce plan.
« C'est en toute connaissance de cause que j'ai accepté l'invitation du vice-président de la Commission européenne car au sommet à Addis Abeba, il nous a convaincus de son option, de son adhésion sincère à la problématique de l'Afrique », a déclaré M. Wade, présent à Bruxelles, lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Tajani. « Le débat, faut-il ou ne faut-il pas des infrastructures est dépassé (…) la question est de savoir comment construire les bonnes routes en Afrique, comment nous pouvons créer ces infrastructures ensemble », a-t-il poursuivi. Mettant les choses au clair, le président sénégalais n'a pas hésité à rappeler quels sont les attentes les plus urgentes pour son continent. « Premier obstacle, les études de faisabilité » pour le financement desquelles l'Afrique « n'a pas toujours l'argent » et demander aux banques prend beaucoup de temps. « L'Union européenne pourrait sur ce point-là nous aider », a insisté M. Wade, en proposant de « dégager ensemble une somme de 40 millions de dollars ou d'euros » et ensuite de « se mettre ensemble pour trouver le financement ». « Si l'Afrique n'a pas de routes ou de chemins de fer, c'est parce que la volonté politique n'y était pas », a estimé M. Wade, citant en contre-exemple l'Union euro-méditerranéenne. À l'heure où la Chine ou l'Inde gagnent de l'importance sur le continent africain, l'Europe devrait toutefois présenter une offre « vraiment concurrentielle », a prévenu M. Wade. « Je pense que ce travail consiste à essayer de coopérer pour la stabilité de l'Afrique et pour son développement économique », a insisté pour sa part le commissaire européen, en précisant que le projet vise en particulier à relier les réseaux de transport de l'UE et de l'Afrique et à aboutir à la création d'un réseau de transport de qualité et performant en Afrique. « Nous proposons à l'Afrique un véritable partenariat stratégique dans les transports, fondé sur une coopération plus systématique dans tous les secteurs du transport, y inclus les transports urbains. Avec des infrastructures adéquates et des services de qualité, tant entre les deux continents qu'en Afrique même, les transports deviendront un des moteurs du développement du continent qui contribuera - entre autres - à stabiliser les flux migratoires », a déclaré Antonio Tajani. Il a rappelé par ailleurs que l'Afrique, le continent où les coûts du transport sont les plus élevés au monde, a le réseau routier le moins dense, un réseau ferroviaire mal connecté (15 pays africains ne disposent pas d'un réseau ferroviaire) et la flotte maritime la plus ancienne (plus de 80% des navires battant pavillon de l'un des États africains sont âgés de plus de 15 ans, contre 15% au niveau mondial).
Adoptée mercredi, la communication propose d'agir en faveur de l'interconnexion des deux continents, du partage des outils dans le domaine des transports et d'une plus grande implication des acteurs du secteur du transport tant européens qu'africains. La connexion des réseaux de transport transeuropéens et transafricains se fera notamment à travers: - le développement d'une carte commune de l'infrastructure de transport (notamment le rapprochement des exercices de planification des infrastructures et l'identification des points de connexion entre les deux réseaux) ; - la coopération dans les secteurs stratégiques, notamment aérien (poursuite de la libéralisation des marchés aériens entamée par la décision de Yamoussoukro, amélioration de la qualité des compagnies aériennes africaines qui se trouvent en majorité sur les listes noires, préfiguration du Ciel unique) et maritime (simplification des procédures douanières et administratives, sûreté des ports, renforcement de la lutte contre la piraterie) ; - la navigation par satellite en développant en Afrique des infrastructures au sol complémentaires au système européen EGNOS (le système de recouvrement des signaux satellitaires). (A.By.)