Bruxelles, 09/06/2009 (Agence Europe) - Répondre à la crise économique et financière et préparer la conférence de Copenhague sur le changement climatique en décembre seront les principales priorités de la Présidence suédoise de l'UE au cours du second semestre 2009, a annoncé le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt, mardi 9 juin devant le Centre for European Policy Studies (CEPS), à Bruxelles. La Suède veut aussi renforcer la coopération en matière de justice et affaires intérieures, adopter une stratégie pour la région de la mer Baltique, progresser dans les négociations d'adhésion avec la Croatie et la Turquie, mettre en œuvre le Partenariat oriental et approfondir les relations transatlantiques, a dit le futur président en exercice du Conseil européen. L'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne pourrait également avoir lieu pendant ce semestre suédois.
Crise économique et financière. Pendant la Présidence suédoise, l'UE devra à la fois continuer à « gérer » la crise et ses effets immédiats et mettre en œuvre les mesures à long terme visant à relancer l'économie européenne. À ce stade, la priorité doit toujours être donnée à rétablir les marchés financiers et la confiance dans leurs bon fonctionnement, a dit M. Reinfeldt. C'est pourquoi l'UE doit avant tout renforcer la supervision des marchés financiers. Le rapport de Larosière et la récente proposition de la Commission fournissent « une bonne base de travail ». L'objectif est de discuter des propositions législatives en automne et de parvenir à un « accord politique », a dit M. Reinfeldt. La Présidence suédoise voudrait aussi lancer un débat sur les politiques budgétaires dans les pays membres, a-t-il dit. Même si les plans de sauvetage et de relance économique adoptés ont considérablement augmenté les déficits budgétaires et les dettes publiques des États membres, il faudra retourner rapidement au respect des règles du Pacte de stabilité et de croissance, a dit le prochain président en exercice du Conseil européen. « Je sais que ce ne sera pas populaire et certainement pas facile. Mais soyons honnêtes: si la crise d'aujourd'hui a été causée par des personnes qui ont emprunté trop, la solution ne peut pas être que les gouvernements fassent de même », a-t-il dit. L'UE doit aussi agir contre le chômage et l'exclusion sociale, a poursuivi M. Reinfeldt. Il propose de promouvoir des politiques de travail « pro-actives ». L'UE doit se « réformer, s'adapter et se moderniser » en renforçant sa capacité d'innovation et en progressant vers une économie à faible émission de carbone. M. Reinfeldt veut aussi préparer activement la réforme de la Stratégie de Lisbonne de façon à ce que la « nouvelle » stratégie puisse être adoptée par le Conseil européen de printemps en 2010.
Lutte contre le changement climatique. La communauté internationale « n'a plus de temps à perdre » pour agir ; le coût de l'immobilisme serait de loin supérieur à ce que coûtera la réduction des émissions de CO2, a insisté le Premier ministre suédois. À Copenhague, l'UE sera prête à assumer une part équitable de la charge financière qui devra être épaulée afin de parvenir à un accord global sur la réduction des émissions. M. Reinfeldt a aussi plaidé pour l'utilisation de certains « instruments économiques » dans la lutte contre le changement climatique, tels que la taxe sur les émissions de CO2 et l'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre.
Justice et affaires intérieures. La Présidence suédoise tentera de faire avancer le « Programme de Stockholm » qui a pour objectif de fixer le cadre de travail de l'UE en ce qui concerne la coopération des polices et des douanes, la protection civile, la coopération judiciaire en matière pénale et civile, les questions d'asile, de migrations et la politique des visas pour les années 2010 à 2014. Le programme sera examiné lors de la réunion ministérielle informelle en juillet pour être ensuite adopté par le Conseil européen de décembre.
Stratégie pour la mer Baltique. L'objectif sera de parvenir, d'ici la fin de l'année, à un accord entre les 27 sur la stratégie que la Commission européenne présentera ce mercredi 10 juin. L'idée principale est notamment d'améliorer la protection de l'environnement dans la région (écologiquement très sensible) de la mer Baltique et d'accroître le niveau d'intégration et de compétitivité des différentes régions situées dans les huit États membres de l'UE qui en sont riverains (Estonie, Danemark, Suède, Finlande, Allemagne, Lettonie, Lituanie et Pologne), a expliqué M. Reinfeldt. À cet égard, cette nouvelle stratégie pourra servir de modèle pour d'autres futures stratégies régionales dans l'UE, a-t-il estimé.
Élargissement et Partenariat oriental. La Suède, très favorable à l'élargissement, souhaite activement poursuivre les négociations d'adhésion avec la Croatie et la Turquie, « mais beaucoup dépendra des efforts (de réforme) que font ces pays », a dit M. Reinfeldt. À propos de la Turquie, l'UE doit respecter ses engagements et continuer les négociations tout en insistant strictement sur la conditionnalité et le respect des critères d'adhésion. À ce stade, il est « impossible » de dire si de nouveaux chapitres pourront être ouverts avec Ankara, a-t-il encore dit. En ce qui concerne le Partenariat oriental, les Suédois voudront « faire un pas supplémentaire » dans la mise en œuvre concrète de cette nouvelle politique.
Relations extérieures. Plusieurs sommets sont programmés (Afrique du Sud, Brésil, Inde, Russie, Chine, Ukraine) mais un accent particulier sera mis sur les relations transatlantiques avec les États-Unis, a dit M. Reinfeldt. Il espère même qu'un sommet avec le président Obama puisse se tenir en automne.
Traité de Lisbonne. Le Premier ministre suédois espère aussi que le Traité de Lisbonne entrera en vigueur encore sous présidence suédoise et que le Conseil européen pourra désigner - si possible dès le sommet européen d'octobre (à condition que les Irlandais aient approuvé le traité) - le président permanent du Conseil européen et le Haut représentant pour la politique étrangère. Entre-temps, le président de la prochaine Commission doit être désigné en juillet, insiste M. Reinfeldt. Il plaide aussi pour que cette personne (très probablement José Manuel Barroso, voir autre nouvelle) soit dotée dès le départ d'un « plein mandat » et pas seulement d'une approbation « politique » et provisoire qui serait à confirmer une fois que le nouveau traité sera en vigueur. M. Reinfeldt refuse l'idée d'attendre le résultat du référendum irlandais afin de nommer « dans un même paquet » le président de la Commission, le président permanent du Conseil européen et le Haut représentant. En ces temps de crise, l'UE ne peut pas se permettre de prolonger l'incertitude autour du prochain président de la Commission, estime M. Reinfeldt. « J'espère que la décision sera prise au Conseil européen la semaine prochaine et que le PE l'approuvera en juillet », a-t-il dit. (H.B.)