Prague, 12/05/2009 (Agence Europe) - En ouvrant la 41ème COSAC (Conférence des organes spécialisés dans les affaires communautaires des parlements de l'Union européenne), le nouveau Premier ministre tchèque et président du Conseil européen, Jan Fischer, a constaté qu'il s'agissait de son premier discours depuis sa nomination vendredi dernier. Il en a profité pour affirmer qu'il ferait tout, à la tête de son gouvernement intérimaire, pour « poursuivre et assurer la Présidence tchèque de l'UE jusqu'à son terme, le 30 juin prochain ». Deux thèmes principaux de discussions avaient été retenus pour lundi, première des deux journées de cette COSAC: la relance économique et financière, d'une part, mais aussi le stratégie politique annuelle de la Commission européenne pour 2010.
« La lutte contre la crise économique est devenue l'une des priorités de notre Présidence », ont affirmé d'une seule voix les deux ministres des Finances tchèques Eduard Janota, en poste depuis vendredi, et Miroslav Kalousek, qui a démissionné le même jour. Ils ont insisté sur les mesures fiscales et sur la stratégie européenne de relance économique qui « doit être fondée sur la négociation commune », « l'élément central des efforts visant à écourter et à atténuer la récession en Europe (étant) le marché intérieur ». C'est en juin que le Conseil européen adoptera les premières décisions pour renforcer la réglementation et la surveillance du secteur financier européen, sur la base des propositions de la Commission à la suite d'un examen approfondi du rapport de Larosière. De son côté, la COSAC a reconnu dans son projet de contribution qu'avec cette crise, l'UE « est confrontée à l'un des plus grands défis de son histoire » mais que « la crise a affecté différemment chacun des États membres ». Par conséquent, « la COSAC estime important de prendre en considération leurs situations particulières (...) et se réjouit de l'action solidaire menée avec les États membres les plus affectés. » La COSAC, enfin, « met en garde contre toute forme de protectionnisme économique (…) et réaffirme, dans ce contexte, que le ralentissement économique ne doit pas conduire l'UE à revoir à la baisse ses ambitions en matière de développement durable et de stratégie sur le climat telle qu'adoptée par le Conseil européen ». Jan Fischer s'est sur ce point montrer rassurant, réaffirmant que les changements climatiques resteront une priorité jusqu'au dernier jour de la Présidence tchèque.
Le commissaire européen (tchèque) chargé de l'emploi, des affaires sociales et de l'égalité des chances, Vladimir Spidla, est venu, ensuite, présenter la stratégie politique annuelle de la Commission pour 2010. Une stratégie qu'il a jugée « particulière pour deux raisons: elle doit assurer la continuité après le renouvellement de la Commission et prendre en compte la possibilité de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne ». Selon Spidla, les priorités pour 2010 seront « la relance économique, l'environnement, le climat et l'énergie ainsi qu'une meilleure gouvernance de la sécurité intérieure et extérieure. » Dans le domaine du redressement économique et social, la principale priorité sera d'assurer « la poursuite du plan européen de relance économique et des réformes structurelles dans le cadre de la stratégie de Lisbonne pour la croissance et l'emploi ». Pour le volet « changement climatique et développement durable », l'objectif est « de conclure un nouvel accord international à Copenhague en décembre prochain », a-t-il réaffirmé tout en soulignant que l'UE a « pris des engagements unilatéraux dans la lutte contre les changements climatiques, sous la forme du paquet Climat/Énergie, dont la mise en œuvre est la principale priorité pour 2010 ».
Le volet « Citoyen d'abord » comprend des « sujets et mesures concernant directement le statut et la qualité de vie des citoyens » dans les domaines de « la liberté, de la sécurité, de la justice, de la coopération judiciaire en matières pénales et civiles (ndlr: annoncé comme l'une des priorités de la présidence suédoise), de la protection des droits fondamentaux et des plus vulnérables (enfants), des progrès dans la surveillance des frontières (Eurosur), dans l'égalité des sexes et l'amélioration de la situation des personnes handicapées ». L'action dans le domaine des relations extérieures reste sensiblement affectée par la possibilité de l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (ndlr: qui prévoit la création d'un service européen pour l'action extérieure). Néanmoins, parmi les priorités de 2010, on retrouve l'accélération du processus de stabilisation et d'association des Balkans occidentaux, l'achèvement du processus de réunification de Chypre, l'approfondissement des relations bilatérales, notamment avec Israël, la Moldova, le Maroc et l'Ukraine et la poursuite d'un nouvel accord avec la Russie.
La COSAC « réitère son intention de discuter régulièrement de la stratégie politique annuelle de la Commission européenne qui représente une source d'information première pour un contrôle parlementaire efficace » et « attend de la prochaine Commission qu'elle poursuive le dialogue politique existant avec les parlements nationaux, dénommé Initiative Barroso ».
Vaclav Havel a enfin adressé un message aux participants de cette COSAC. Dans une intervention filmée, l'ancien président de la République tchèque, actuellement malade, a tenu à rappeler « l'importance des droits de l'Homme qui doivent, même en ces temps difficiles, rester plus importants que les intérêts liés aux transactions économiques ». La seconde journée de cette COSAC, mardi, était essentiellement consacrée aux partenariats orientaux de l'UE, un thème cher à la Présidence tchèque. EUROPE y reviendra. (P.B.)