Bruxelles, 12/05/2009 (Agence Europe) - Le nouveau Premier ministre tchèque, Jan Fischer, qui présidera le Conseil européen jusqu'au 30 juin, est venu, mardi 12 mai à Bruxelles, pour rassurer la Commission européenne et le Conseil que son gouvernement intérimaire allait tout mettre en œuvre pour faire des sept dernières semaines de la Présidence tchèque un « succès ». La « continuité » de la présidence de l'UE est assurée, la République tchèque est « sérieusement » engagée à accomplir sa tâche européenne, a déclaré M. Fischer devant la presse à l'issue d'un entretien avec José Manuel Barroso. La préparation du Conseil européen des 18/19 juin sera la « priorité numéro un » de Prague car d'importantes décisions sont attendues de ce sommet, notamment sur la régulation et la supervision des marchés financiers, le Traité de Lisbonne (garanties pour les Irlandais), la préparation de la conférence de Copenhague (changement climatique) ou encore sur la désignation du président de la prochaine Commission européenne. Sur ce dernier point, M. Fischer a été très clair: en tant que pays membre (pas en tant que présidence de l'UE), la République tchèque soutient la candidature de M. Barroso pour un nouveau mandat.
En revanche, la situation n'est pas encore claire en ce qui concerne la question de savoir qui de la République tchèque - le Premier ministre Fischer ou le président Vaclav Klaus - présidera le Conseil européen de juin. « Les négociations sur ce sujet sont toujours en cours » avec le président, a dit M. Fischer qui espère pouvoir annoncer une décision « dans les prochains jours ». Il n'a cependant pas laissé de doute qu'à son avis « le chef du gouvernement devrait présider le sommet ». Quoi qu'il en soit, il est important que l'agenda du Conseil européen ne soit pas modifié ou influencé par ce débat, a-t-il ajouté.
M. Fischer - qui s'est qualifié lui-même de « euro-réaliste » - a aussi dit souhaiter que le président Klaus signe le plus rapidement possible la loi de ratification du Traité de Lisbonne. Mais, a-t-il remarqué, cette décision appartient uniquement au président qui n'est pas tenu à une quelconque échéance constitutionnelle pour le faire. Il a aussi refusé de lier le succès de la Présidence tchèque à la ratification définitive du traité par son pays avant fin juin.
Le président de la Commission européenne s'est dit optimiste que le nouveau gouvernement tchèque allait maintenir « l'élan » nécessaire pour faire en sorte que l'UE continue à réagir à la crise économique et financière. « J'espère que le Conseil européen de juin adoptera les réformes ambitieuses que nous avons annoncées pour les services financiers, aussi bien en termes de supervision que de régulation. Le 27 mai prochain, nous présenterons des idées pour une supervision européenne. Il y aura une proposition concrète de la Commission que je souhaite voir être adoptée par le Conseil européen de juin », a dit M. Barroso. M. Barroso a aussi dit espérer que le Conseil européen approuve en juin les dix actions formulées par le Sommet sur l'emploi la semaine dernière à Prague.
M. Fischer a aussi rencontré, mardi, le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana. (H.B.)