Prague, 08/05/2009 (Agence Europe) - Si la plupart des projets de recherche européens présentés à Prague lors de la conférence Research Connection font la part belle aux sciences dites dures, les sciences économiques et sociales pourraient connaître à leur tour un regain d'intérêt à la faveur de la crise économique.
« Le nouveau programme de travail pour l'année 2010 en matière de sciences socio-économiques et humaines (SSH) sera disponible à partir de juillet 2009, et nous allons y inclure de nouveaux sujets portant sur les causes et les conséquences de la crise économique et financière », a indiqué à EUROPE Domenico Rossetti di Valdalbero, administrateur principal chargé des SSH au sein de la DG Recherche de la Commission européenne. Sur les 400 propositions que son unité a reçues en 2009, seulement 40 projets ont finalement été retenus, soit un taux de succès de seulement 10% qui s'explique par la « trop grande diversité des équipes de recherche et par le caractère souvent trop large des thématiques abordées », estime-t-il. Les projets en SSH représentent seulement un budget de 600 millions d'euros sur les 54 milliards d'euros du 7ème PCRD. Or, « les événements et la crise que le monde a connus entre 2008 et 2009 - de la guerre en Géorgie jusqu'à la crise financière et la récession économique - plaident pour un renforcement de la recherche dans les sciences socio-économiques et humaines afin de permettre une meilleure compréhension de leurs causes et d'être capable de mesurer leurs conséquences et leur évolution possible », a plaidé Jean-Michel Baer, directeur de l'unité Science, Économie et Société à la DG Recherche, en marge de la conférence à Prague. D'autant que les données brutes collectées par les chercheurs européens en sciences humaines et économiques représentent un outil indispensable pour les décideurs européens. Par exemple, pour un sujet sensible comme l'immigration illégale, « si la DG Justice, Liberté, Sécurité veut connaître le nombre approximatif de clandestins en Europe, il n'y a que les chercheurs européens qui sont sur le terrain dans les différentes villes - auprès des services sociaux notamment - qui peuvent leur fournir des données objectives », explique Domenico Rossetti di Valdalbero. (Y.P.)