Bruxelles, 08/05/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne pourrait promouvoir les droits de l'Homme de manière plus efficace et s'assurer qu'elle respecte ses propres principes, par exemple en matière de lutte contre le terrorisme et d'immigration. C'est le message envoyé par le Parlement lors du vote du rapport d'initiative de Raimon Obiols i Germà (PSE, espagnol), qui fait le point sur la situation des droits de l'Homme dans le monde pour 2008. Il a été adopté à une large majorité (429 voix pour, 36 voix contre et 55 abstentions).
En matière de politique anti-terroriste, le Parlement déplore que l'Europe applique les droits de l'Homme quand cela l'arrange. Quant à la politique d'immigration, elle représente un défi pour la crédibilité des activités de l'UE, estime-t-il. Les États membres sont en outre invités à signer les conventions des droits de l'Homme des Nations unies et du Conseil de l'Europe et notamment à ratifier le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture. Le Parlement considère que les militants des droits de l'Homme, dont la vie est menacée, devraient se voir accorder des visas d'urgence pour se réfugier dans les États-membres. Il invite l'UE à intégrer la protection de droits économiques, sociaux et culturels dans ses relations extérieures avec les pays tiers et met en avant la nécessité de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises. En général, l'UE devrait utiliser son poids de manière plus efficace. Le Parlement se félicite du recul de la peine de mort, bien que ce ne soit pas le cas en Iran où elle a augmenté. La Chine est le pays qui a le plus recours à la peine de mort et la Biélorussie est le seul pays d'Europe qui continue à y recourir. Le rapport met également en lumière des problèmes en Russie, en Ouzbékistan, à Cuba, au Zimbabwe et dans d'autres pays. Les députés se félicitent par ailleurs du recours aux mandats d'arrêt internationaux pour traduire en justice des individus responsables de violations des droits de l'Homme mais constatent que de tels mandats ont eu des résultats mitigés.
Lors du vote, les députés ont rejeté un amendement, par 253 voix contre 199 et 61 abstentions, condamnant « fermement » les récentes déclarations du Pape au sujet du préservatif. Au nom du PPE, l'Allemand Hartmut Nassauer avait pris la parole avant ce vote pour demander que cet amendement soit déclaré irrecevable au motif que les déclarations incriminées dataient de 2009 alors que le rapport portait sur l'année 2008. « Il compare les déclarations du pape à des violations des droits de l'Homme les plus terribles » dans le monde, ce qui constitue « une discrimination incroyable vis-à-vis du pape », a-t-il souligné. En se fondant sur l'avis du service juridique, Gérard Onesta, qui présidait la séance, a informé la plénière de la décision du président Pöttering de considérer cet amendement recevable. (B.C.)