Bruxelles, 08/05/2009 (Agence Europe) - Tirant les leçons du blocage actuel du processus de dialogue euroméditerranéen dû pour une large part aux suites de l'invasion de Gaza mais aussi pour les tiraillements divers notés dans la mise en place du cadre institutionnel, les deux co-présidences, la France et l'Égypte, envisagent de lancer une nouvelle initiative politique pour sortir de l'ornière. Un haut diplomate arabe résume la situation en affirmant qu'il « n'y a plus de pilote dans l'avion ». En visite au Caire la semaine dernière, Henri Guaino, conseiller spécial du président Sarkozy, chargé de l'UpM en a discuté avec les autorités égyptiennes. Une session ministérielle est en préparation. Envisagée pour le mois de mai, elle aura probablement lieu en juin ou juillet. Mais comme pour toutes les activités euroméditerranéennes et moyen-orientales tout est désormais suspendu aux entretiens Obama-Netanyahou du 18 mai à Washington que précéderont des entretiens israélo-égyptiens, le 11 mai (voir autre nouvelle).
M. Guaino y avait fait allusion dans une intervention, devant le « Forum de Paris », le 28 mars dernier, à une « initiative politique forte pour relancer le processus diplomatique » qui serait lancée « dans les mois qui viennent ». «J'entends bien les rumeurs, les mensonges, je vois bien les petites manœuvres bureaucratiques, politiciennes, journalistiques pour essayer de discréditer ce projet qui dérange apparemment tant d'habitudes et de féodalités installées depuis longtemps, depuis trop longtemps ! Je le dis aux bureaucraties qui n'ont pas compris que la politique étrangère, c'est d'abord de la politique ». Ce discours avait constitué une véritable profession de foi mais aussi un défi aux institutions européennes qui ont toujours des réserves sur la manière dont l'UpM sera structurée. « Les bureaucrates ne comprennent pas. Ce n'est pas dans leur cadre, dans leur procédure, dans leurs habitudes. Tant pis ! Les journalistes ne s'y intéressent pas. Ce n'est pas assez spectaculaire. C'est beaucoup d'efforts à faire, beaucoup de temps à passer pour comprendre. Tant pis ! », avait-il ajouté. Dans ce discours, publié intégralement par le journal électronique MedAfrique.info, le maître d'œuvre de l'UpM lance un défi à « tous ceux qui ont cette délectation malsaine de l'échec soi-disant annoncé, de l'échec attendu, espéré. Je le leur dis: je ne lâcherai rien, le président de la République ne lâchera rien, la France ne lâchera rien, et tous ceux qui en Europe, en Méditerranée, sur la rive Nord comme sur la rive Sud veulent que ce projet réussisse seront plus forts que leur résistance, plus forts que leur esprit étriqué, plus forts que leur bonne conscience. Ils n'y croient pas ? Et bien nous, nous y croyons ! Et nous nous battrons ». L'Union pour la Méditerranée est, avait-il dit, « un combat (que) nous mènerons jusqu'au bout! » et de conclure: « C'est un combat juste. C'est un combat nécessaire. Ceux qui sont responsables de l'échec de Barcelone sont les plus mal placés pour donner des leçons ». (F.B.)