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Bulletin Quotidien Europe N° 9898
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Énergie

Fausse note au sommet sur le Corridor Sud

Bruxelles, 08/05/2009 (Agence Europe) - Fausse note au sommet sur le Corridor Sud, vendredi 8 mai à Prague, où les représentants de trois partenaires clés de l'UE en Asie centrale, l'Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Turkménistan, trois ex-républiques d'URSS riches en hydrocarbures, ont refusé de signer la déclaration finale du sommet, donnant ainsi moins de poids au soutien politique nécessaire au projet de gazoduc Nabucco, censé acheminer le gaz de la Caspienne en contournant la Russie.

En présence de représentants de pays tiers producteurs ou de transit (Azerbaïdjan, Égypte, Géorgie, Iraq, Kazakhstan, Turquie, Turkménistan et Ouzbékistan), de pays tiers observateurs (États-Unis, Russie et Ukraine) et des institutions financières internationales (BEI, BERD et Banque mondiale), le sommet de Prague, co-présidé par le Premier ministre tchèque démissionnaire Mirek Topolánek et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, constituait la première occasion pour ces partenaires potentiels de discuter au plus haut niveau de leurs intérêts communs dans le développement du Corridor Sud pour l'énergie et le transport. Il visait principalement à apporter un soutien politique solide et formuler des engagements concrets pour le développement du Corridor Sud, notamment pour l'approvisionnement en gaz naturel de l'UE par le couloir transcaspien. Objectif de M. Barroso: obtenir des engagements des pays producteurs d'hydrocarbures, des pays de transit et des pays consommateurs, situés le long du corridor, pour garantir l'approvisionnement de l'UE en ressources énergétiques de la région de la mer Caspienne et du Moyen-Orient. Et assurer le décollage du projet Nabucco, gazoduc de 3 300 kilomètres appelé à réduire la dépendance énergétique de l'UE à l'égard de la Russie en acheminant le gaz de la Caspienne via la Géorgie et la Turquie.

La déclaration signée par MM. Topolánek et Barroso, au nom de l'UE, et par le président azéri Ilham Aliev, le président géorgien Mikheil Saakachvili, le président turc Abdullah Gül et le ministre égyptien du Pétrole Sameh Samir Fahmi, fixe en effet les premiers engagements formels des pays concernés sur les conditions nécessaires à la réussite du corridor et devrait devenir la base d'une collaboration plus intense entre les pays partenaires. Reste qu'elle a été, contre toute attente, snobée par Astana, Tachkent et Achgabat. Devant la presse, M. Topolánek a préféré insister sur la « première historique » de faire signer une déclaration de soutien très précise à l'Azerbaïdjan, la Géorgie, la Turquie, l'Égypte et l'UE. Seulement, l'Azerbaïdjan ne pourra pas à lui seul approvisionner ni Nabucco, ni le projet turco-grec de gazoduc ITGI. Les pays d'Asie centrale réfractaires vendredi « n'aiment pas signer ce type de déclaration, ils ne le font jamais et aujourd'hui n'a pas fait exception », a tenté d'expliquer M. Topolánek. Leur prudence s'explique aussi par le statut très incertain de la mer Caspienne, des négociations étant toujours en cours pour déterminer s'il s'agit d'une mer ou d'un lac, ce qui a un impact sur les titres de propriété du gaz. « Il n'existe pas de statut réglementant les ressources de la mer Caspienne », a expliqué de son côté le vice-ministre russe de l'Énergie Anatoli Yanovski, présent à Prague. Les pays signataires de la déclaration ont néanmoins promis de progresser sur cette question. Le président Barroso s'est montré confiant, se réjouissant que la déclaration apporte un cadre légal, financier et politique aux entreprises concernées par Nabucco. M. Topolánek a pour sa part insisté sur les besoins de financements publics et privés pour faire démarrer les projets du Corridor Sud. Le coût du gazoduc Nabucco, dont la construction doit commencer en 2011 pour devenir opérationnel en 2014, est évalué à près de 8 milliards d'euros.

Le sommet de Prague a néanmoins permis d'officialiser de réels progrès sur la question du transit du gaz. Après des mois d'âpres négociations, la Turquie a fait part de sa volonté de conclure d'ici fin juin un accord sur les modalités du transit du gaz de Nabucco à travers son territoire. La déclaration finale du sommet précise que la Turquie et les États membres de l'UE concernés feront tout pour boucler d'ici fin juin un accord intergouvernemental sur Nabucco. Selon les négociateurs, seuls quelques détails techniques subsistent. Reste que le mouvement amorcé par le président Gül pour garantir la diversification de l'approvisionnement en énergie de l'UE, véritable talon d'Achille de cette dernière, accentue un peu plus la pression d'Ankara sur les Vingt-sept pour accélérer les négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE. (E.H.)

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