Bruxelles, 24/04/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne et le Parlement européen se sont mis d'accord, mercredi 22 avril, sur plusieurs mesures visant à encadrer les activités des groupes de pression dans l'UE. Les membres du groupe de travail (le commissaire Kallas, les députés Diana Wallis, Jo Leinen et Ingo Friederich) se sont notamment accordés sur des lignes directrices pour un registre commun des représentations d'intérêts (en vue duquel les travaux se poursuivront sous la prochaine mandature). Un projet de code de conduite commun pour les lobbyistes a aussi été défini (il entrera en vigueur lorsque le registre commun aura été mis sur pied). En attendant la création de ce « guichet unique », Commission et Parlement ont par ailleurs lancé une page web commune renvoyant simplement à leurs registres respectifs (voir le site Internet suivant: http://www.europa.eu/lobbyists/interest_representative_registers/index_fr.html ).
Si les membres du groupe de travail qualifient le résultat de sérieux pas en avant pour la transparence, d'autres considèrent que la proposition actuelle en vue d'un registre commun est le fruit d'un arbitrage a minima. L'Alliance pour une réglementation de transparence et d'éthique en matière de lobbying (ALTER-EU) critique le caractère simplement volontaire du futur registre et juge que les informations incomplètes qui y figureront ne permettront pas d'avoir une image claire des jeux d'influence qui entourent le processus décisionnel de l'UE.
« Le résultat est un registre de compromis qui crée une fausse impression de transparence, tandis que la plupart du lobbying va continuer en dehors de tout contrôle public », juge Erik Wisselius de Corporate Europe Observatory. Dans le même communiqué, Christine Pohl de Friends of the Earth Europe (qui fait aussi partie des 160 membres de la coalition ALTER EU) souligne les limites de l'expérience actuelle. Selon elle: « Les grands cabinets d'avocats de Bruxelles, les groupes de réflexion et beaucoup de grandes sociétés qui sont politiquement actifs à Bruxelles boycottent en fait le registre (facultatif de la Commission, Ndlr). La Commission présente les 1340 enregistrements à ce jour comme un succès, mais seulement 538 de ces organisations ont un siège à Bruxelles. En réalité, au moins 80% de toutes les organisations de lobby basées à Bruxelles ne se sont pas encore enregistrées ». La Commission publiera d'ici deux mois une évaluation du fonctionnement de son registre, un an après sa mise en place. (A.B.)