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Bulletin Quotidien Europe N° 9875
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/g20

Le Sommet de Londres se veut une étape vers une autre ère

Londres, 02/04/2009 (Agence Europe) - Cherchant à afficher unité et harmonie, confiance et détermination, les dirigeants du G20 se sont engagés à faire tout ce qui est nécessaire pour remettre l'économie sur pied et prévenir une nouvelle crise. Cette volonté se traduit par six engagements figurant dans le communiqué final et destinés à: restaurer la confiance, la croissance et les emplois, revoir le système financier et rétablir le financement de l'économie, renforcer la régulation financière, réformer les institutions financières internationales, promouvoir le commerce mondial, construire une croissance verte durable. Des engagements importants, agrémentés de promesses chiffrées dépassant parfois les ordres de grandeur initiaux, mais auxquels manquent des calendriers précis. Sans prévoir de nouvelles mesures de relance budgétaire, ils ont toutefois décidé de mobiliser un total de 1 100 milliards de dollars pour faire face aux conséquences actuelles et venir à bout de la récession (au travers de divers instruments et en faveur de plusieurs institutions financières internationales, mais surtout du Fonds monétaire international - FMI).

« Les décisions d'aujourd'hui ne vont pas résoudre immédiatement la crise, mais nous avons commencé le processus par lequel elle sera résolue », s'est félicité le Premier ministre britannique Gordon Brown à l'issue de la réunion. Un autre Sommet se tiendra encore cette année pour faire le point sur l'évolution des décisions prises à Londres, a-t-il indiqué, les résultats annoncés aujourd'hui devant maintenant devenir réalité. « Si nous constatons que plus doit être fait, nous agirons à nouveau », a-t-il souligné devant la presse, avant de lancer: « Un nouvel ordre mondial émerge », celui d'une « nouvelle ère pour la coopération ».

Faire ce qui sera nécessaire pour restaurer la croissance. Minimisant les différences d'approche des derniers jours sur le niveau souhaitable des efforts de relance, les dirigeants du G20 soulignent l'ampleur historique des mesures de relance décidées jusqu'à présent (elles s'élèveront à 5 000 milliards de dollars d'ici la fin de l'année prochaine, augmenteront l'activité de 4% et accéléreront la transition vers une économie verte, selon le communiqué final). Ils n'appellent pas explicitement à des mesures supplémentaires, mais réaffirment qu'ils sont prêts à déployer « le niveau d'effort durable nécessaire pour restaurer la croissance ». Et d'indiquer que des stratégies de sorties crédibles seront mises en place pour revenir à des finances publiques durables et des prix stables.

Mettre au pas la finance mondiale. Tous les marchés, tous les instruments et tous les grands établissements devant être couverts par la régulation ou la supervision, « les hedge funds d'importance systémique » seront aussi concernés par une supervision accrue. Les agences de notation devront quant à elles s'enregistrer, les normes comptables être améliorées, les salaires et le bonus se conformer aux nouveaux principes établis par le Forum sur la stabilité financière (FSF). Pour lutter efficacement contre les paradis fiscaux, le G20 envisage de manière explicite d'appliquer des sanctions. « L'ère du secret bancaire est révolue », indique le communiqué, qui prend note du fait que l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a publié le même jour une liste de pays dont les pratiques sont jugées non conformes avec les normes en matière d'échange d'informations. Outre le rôle accru dévolu au FMI dans le dispositif de supervision international, le G20 a décidé de transformer FSF en un Conseil de stabilité financière (financial stability board) doté de pouvoirs élargis. Il lui appartiendra, avec le FMI, d'alerter sur les risques macroéconomiques et financiers et de préconiser les actions nécessaires pour y répondre.

Des institutions financières internationales mieux dotées et plus crédibles. Au plan des ressources, un total de 850 milliards de dollars devrait être mis à disposition des institutions financières internationales (IFI) pour soutenir la croissance et l'économie des pays en développement. L'accroissement des ressources du FMI sera de 500 milliards de dollars, 250 milliards provenant de financements immédiats des États membres (l'UE avait déjà promis 75 milliards d'euros, le Japon 100 milliards et la Chine devrait en apporter 40, selon M. Brown) et le reste de nouveaux accords d'emprunts. À cela s'ajoute la possibilité pour le FMI d'utiliser ses droits de tirages spéciaux pour injecter de l'argent dans l'économie mondiale, jusqu'à 250 milliards de dollars. Les banques multilatérales de développement de 100 milliards. À ce stade, les niveaux de contribution des uns et des autres ne sont pas encore tous définis.

La nécessaire réforme de l'institution n'est pas encore très détaillée, mais une meilleure représentativité des économies émergentes, par le biais d'une augmentation de leurs droits de votes (sur base des éléments de l'accord d'avril 2008), devra être atteinte d'ici 2011. Les dirigeants des institutions devront être choisis pour leur mérite (et plus selon un partage entre Européens et Américains) et un calendrier pour aller plus loin dans la réforme sera discuté lors des prochaines Assemblées de printemps de la Banque mondiale et du FMI, ajoute le communiqué du G20.

Appel renouvelé contre le protectionnisme et appui au commerce mondial. Le commerce doit à nouveau être le moteur de la croissance, a plaidé M. Brown. Pour ce faire, les dirigeants du G20 ont d'abord décidé de prolonger jusqu'à fin 2010 leur engagement (souscrit en novembre dernier à Washington) de ne pas établir de nouvelles barrières commerciales et de rectifier le tir si de telles mesures ont été prises. Selon M. Brown, l'appréciation qui est faite par l'OMC des mesures protectionnistes prises depuis quelques mois dans plusieurs pays est en définitive plutôt encourageante, puisque ces restrictions ne seraient pas substantielles. Pour prévenir l'apparition de nouvelles mesures de ce type, les dirigeants misent sur la pression des pairs (naming and shaming). L'OMC sera amenée à faire rapport et le cas échéant à divulguer publiquement, chaque trimestre, les noms des pays qui ne respectent pas leurs engagements.

Les principales économies du globe envisagent aussi de doper le commerce en mettant à disposition au moins 250 milliards de dollars sur deux ans (la Banque mondiale avait appelé à un programme de l'ordre de 50 milliards de dollars) pour tenter de pallier la baisse des échanges mondiaux (estimée à 9% cette année par l'OMC). Ces fonds seront disponibles par le biais de crédit au commerce extérieur et des banques multilatérales de développement.

Et de rappeler que le G20 reste déterminé à parvenir à la conclusion des négociations du cycle de Doha. Les dirigeants devraient revenir sur cette question dans les prochains temps, se contente d'ajouter le communiqué.

Une croissance durable et équitable. Réaffirmant leur engagement à respecter les objectifs de développement pour le millénaire et d'atteindre le niveau d'aide publique au développement promis, les pays du G20 souhaitent faire le meilleur usage possible des dépenses budgétaires déjà consenties pour parvenir à une relance durable et verte. En matière de lutte contre le changement climatique enfin, le communiqué n'oublie pas de mentionner la nécessité de parvenir à un accord lors de la conférence de Copenhague. (A.B.)

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