Bruxelles, 02/04/2009 (Agence Europe) - L'Agence des droits fondamentaux de l'UE a publié, mardi 31 mars, son nouveau rapport intitulé « L'homophobie et la discrimination fondée sur l'orientation sexuelle et sur l'identité sexuelle dans les États membres de l'UE. Partie II: la situation sociale ». Réalisé à la demande du Parlement européen, ce rapport constate que la discrimination, le harcèlement et la violence à l'encontre des lesbiennes, des gays, des bisexuel(le)s et transsexuel(le)s (LGBT) sont largement répandues dans toute l'Union européenne. L'Agence lance ainsi un appel aux décideurs politiques en vue de renforcer la législation sur l'égalité et de garantir la communication adéquate des incidents afin d'améliorer la situation.
Le rapport souligne que la discrimination concerne tous les aspects de la vie des LGBT, depuis le harcèlement à l'école jusqu'à la discrimination en matière d'emploi ou de soins médicaux. Dans certains États membres, les locaux se consacrant aux LGBT ont été vandalisés ou incendiés, ou encore des manifestations comme la « Gay Pride » ont été interdites ou contrecarrées. Il note encore que les discours incitant à la haine prononcés par des personnages publics constituent un phénomène particulièrement inquiétant, dans la mesure où ils influent négativement sur l'opinion publique et confortent l'intolérance.
Présentant le rapport de l'Agence européenne des droits fondamentaux, mardi 31 mars à Bruxelles, devant la commission des libertés civiles du PE, son directeur, Morten Kjaerum, a déclaré: « Nous savons que très peu d'incidents sont déclarés à la police ou à d'autres autorités publiques. Cela signifie que des crimes restent impunis, que des victimes n'obtiennent pas justice et que les autorités ne sont pas à même de prendre les mesures nécessaires pour réagir à ces crimes ou empêcher qu'ils ne se reproduisent ». En conséquence, Morten Kjaerum a lancé un appel aux gouvernements de l'UE pour qu'ils améliorent l'enregistrement des crimes inspirés par la haine et qu'ils forment leurs forces de police en conséquence. En outre, estime-t-il, des campagnes doivent être déployées afin d'informer chacun sur la diversité et la non-discrimination « parce que, pour porter plainte, il faut connaître ses droits ».
Prenant ensuite la parole, Giusto Catania (PPE-DE, italien), vice-président de la commission parlementaire, a mis en exergue l'existence d'« un lien très étroit entre manifestations d'homophobie et choix législatifs: les choix des leaders politiques et religieux ont un impact immédiat et très fort sur l'opinion publique ». Il a demandé que soit organisée une grande campagne de sensibilisation au niveau européen, avec la participation de célébrités du sport, le sport étant un des milieux où l'homophobie se manifeste le plus. Pour Sarah Ludford (ADLE, britannique), le Parlement a été « en première ligne sur ce dossier », le problème étant de « persuader la Commission européenne et les États membres à agir au niveau de l'UE ». Michael Cashman (PSE, britannique) a affirmé que « la pierre de touche d'une société est la façon dont elle traite les minorités » et que celles-ci sont les premières à pâtir lorsqu'il y a crise. En outre, a-t-il constaté, « l'homophobie ne tue pas qu'en dehors de l'UE ». Emine Bozkurt (PSE, néerlandaise) s'est pour sa part inquiétée de la situation dans les pays candidats à l'adhésion à l'UE. Kathalijne Buitenweg (Verts/ALE, néerlandaise) s'est interrogée sur la possibilité de prendre des mesures contre les dirigeants faisant preuve de violence verbale à l'égard des LGBT. Et la présidente du conseil d'administration de l'Agence des droits fondamentaux, Anastasia Crickley, de conclure: « Toute personne vivant dans l'UE doit pouvoir vivre sans crainte et sans discrimination, quelle que soit son orientation sexuelle. J'en appelle à tous les gouvernements pour qu'ils soutiennent la nouvelle proposition de législation contre la discrimination ». Infos: Les rapports (ainsi que la partie I relative à la situation juridique, publiée en juin 2008) sont disponibles sur le site http: //fra.europa.eu. (G.B.)