Bruxelles, 30/03/2009 (Agence Europe) - Évoquant la crise financière et économique, qui « fait sentir ses effets sur l'économie des entreprises de transport », le nouveau secrétaire d'État allemand aux Transports, Engelbert Lütke Daldrup, a estimé lundi 30 mars que la situation actuelle n'était pas appropriée pour prendre des décisions concernant l'Eurovignette (la directive révisée relative à la taxation des poids lourds pour l'utilisation de certaine infrastructures). Les « charges supplémentaires ne sont pas acceptables (…) Concentrons-nous sur une réponse à donner à la crise financière », a-t-il dit lors d'un débat d'orientation au Conseil des ministres des Transports. Le Royaume-Uni et Malte se sont montrés enclins à soutenir cette position en préférant repousser les discussions jusqu'à ce que la crise soit repoussée, selon l'expression du représentant maltais. Tout en réaffirmant leur attachement au principe du pollueur-payeur introduit par la proposition de directive, les délégations se sont montrées partagées sur les principaux points de la proposition, malgré le compromis mis sur la table par la Présidence tchèque du Conseil (voir EUROPE n° 9871).
Plusieurs délégations ont exprimé leurs doutes sur la mise en place de la redevance sur la congestion (une des trois externalités proposées), qui permettrait d'imposer aux poids lourds une redevance calculée en fonction de l'encombrement des routes. Pays-Bas, Finlande, Italie, Slovaquie, Portugal, Suède ont opté pour une approche qui inclurait en même temps d'autres véhicules et pas seulement les poids lourds, dont la part dans l'encombrement ne représente que 10-17%, selon le ministre slovaque des Transports. Le Danemark, en souscrivant à la même approche, était toutefois prêt à soutenir le compromis présenté par la Présidence tchèque du Conseil qui, entre autres, prévoit le reporter de quatre ans l'application de cette redevance. La France et la Hongrie pourraient aussi, à titre de compromis, soutenir la proposition de la Présidence. Aux yeux du commissaire Antonio Tajani, le report de 4 ans de l'introduction de la charge à la congestion semble « excessif ». La Commission serait toutefois prête à débattre de cette question. La Belgique s'est dite prête aussi à travailler pour obtenir un accord. La délégation belge, qui tient beaucoup à ce que le coût de la congestion figure dans le texte, a estimé néanmoins qu'un report d'environ deux ans serait mieux approprié. La délégation roumaine a estimé qu'il fallait davantage développer le transport public plutôt que de concentrer les efforts sur le transport routier lourd. Soutenu entre autres par Malte, Irlande, Lettonie (celle-ci arguant que toute nouvelle charge pénaliserait davantage ses transporteurs routiers censés actuellement payer les charges en faveur de la Russie) et Lituanie, la délégation roumaine a opté pour l'exclusion de la proposition de la redevance liée au coût de la congestion. Le Royaume-Uni, l'Irlande et la Suède ont maintenu leur opposition en ce qui concerne l'affectation des recettes au secteur de transport, alors que l'Italie (tout comme la Suède) préfère limiter le champ d'application de la directive aux routes du réseau transeuropéen de transport. (A.By.)