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Bulletin Quotidien Europe N° 9872
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

John Monks appelle le G20 à mettre l'emploi au cœur de ses priorités - Pour un nouveau Deal social

Bruxelles, 30/03/2009 (Agence Europe) - À la veille du Sommet des ministres du travail du G8, les 30 et 31 mars à Rome, et du Sommet du G20 le 2 avril à Londres, John Monks, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) a présenté les attentes syndicales « élevées » pour contrecarrer la « déferlante de pertes d'emplois et la hausse extrêmement rapide du chômage ». « Il est temps d'agir », a constaté John Monks, devant la presse à Bruxelles, en rappelant la manifestation des syndicats européens et internationaux de ce samedi 28 mars à Londres (EUROPE n° 9867).

John Monks a surtout attiré l'attention sur les leçons de la crise qui peuvent être dégagées en Europe. « Cette crise est due à la suffisance, ici en Europe », a commenté M. Monks. Critiquant une nouvelle fois le « déclassement du Sommet sur l'emploi en un événement de moindre importance par les autorités européennes» (EUROPE n° 9868), John Monks a fait part de ce que propose la CES, à savoir qu'il faut: (1) d'autres plans de relance qui viennent se greffer sur ce qui a déjà été fait. « Les syndicats ont la volonté de se battre contre cette crise », a martelé le secrétaire général en citant les manifestations du 14 mai à Madrid, du 15 mai à Bruxelles et du 16 mai à Madrid et à Prague ; (2) se servir de la BEI, de la BCE, de l'Europe elle-même pour lever des fonds pour les huit pays qui se battent contre les problèmes fiscaux, notamment les pays de l'Est ; (3) davantage d'ambition européenne et une action européenne d'envergure. « Nous voulons donner la priorité aux peuples et nous voulons un nouveau Deal social en Europe. Il faut pousser l'Europe à être plus ambitieuse. Tel est le message que nous voulons donner », a déclaré John Monks.

« Nous demandons une réponse européenne et des ressources financières plus ambitieuses. Sans injection financière plus élevée, c'est le social qui payera la facture, ce que les syndicats ne peuvent accepter », a enchaîné son secrétaire confédéral Walter Cerfeda, en ajoutant: « S'il y a anorexie économique, il y a obésité du chômage ! ». Les syndicats veulent: (1) un plan extraordinaire à court terme contre les licenciements ; (2) un plan extraordinaire de réduction du temps de travail. Ici se pose la question de la compensation salariale pour garantir le pouvoir d'achat, en autorisant les États membres à utiliser les ressources du Fonds social européen (FSE) dans tous les pays européens; (3) un plan pour la reconversion de la qualification professionnelle en demandant l'utilisation des ressources du Fonds d'ajustement à la mondialisation (FEM) et l'accès des PME au FEM ; (4) relancer la consommation, engager dans tous les pays la négociation collective pour intervenir sur les marchés de l'emploi et revenir sur les incitations fiscales.

L'intervention du secteur public pour éviter la faillite de l'économie à la suite de l'effondrement des banques et des entreprises implique que les gouvernements rassemblent les fonds nécessaires. Ronald Janssen, conseiller économique à la CES, a rappelé que la CES demande instamment: (1) aux banques centrales européennes de racheter les dettes publiques afin de soutenir les projets d'investissements publics, permettant aux gouvernements de disposer d'un financement stable et à faible taux d'intérêt ; (2) à la BCE de combattre les spéculations contre l'euro sur les marchés financiers et de privilégier l'achat des obligations dont les taux d'intérêt présentent les plus grands écarts par rapport aux taux d'intérêt des obligations allemandes. Il convient par ailleurs d'envisager l'émission d'obligations zone euro ; (3) d'imposer des conditions strictes afin de garantir que les versements de dividendes excessifs, les rachats d'actions et les parachutes dorés ne puissent plus fragiliser les bilans des sociétés renflouées par des fonds publics ; (4) de mettre un terme à la concurrence fiscale, d'élaborer un calendrier européen pour lutter contre les paradis fiscaux, les taux d'imposition proches de zéro, les impôts à taux uniques et de se pencher sur les bénéfices des sociétés, l'impôt sur les plus-values et l'impôt sur les grandes fortunes. La mise en place d'une taxe sur les transactions financières doit être sérieusement étudiée. (G.B.)

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