Prague, 13/03/2009 (Agence Europe) - Réunis, jeudi 12 mars à Prague, les ministres de la Défense de l'UE se sont prononcés en faveur de la reconfiguration de l'opération militaire de l'UE en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) vers une opération non-exécutive de soutien à la formation de l'armée bosniaque. Reste maintenant à déterminer quand cette décision informelle pourra être mise en application. Le Royaume-Uni, soutenu par un petit groupe d'autres pays membres de l'UE (comme la Slovaquie et la Bulgarie) qui craignent que la reconfiguration de cette opération prive le Haut représentant de la communauté internationale (HR) de l'appui militaire nécessaire pour exercer ses pouvoirs, fait toujours le lien entre la fermeture de son bureau (OHR) et la reconfiguration de cette opération. Dans l'immédiat, le Conseil pour la mise en oeuvre de la paix (PIC), qui comprend en son sein les États-Unis, la Russie et la Turquie et se réunira les 25 et 26 mars, devrait nommer au poste du Haut représentant le représentant spécial de l'UE pour Bosnie-Herzégovine nouvellement désigné, Valentin Inzko.
La reconfiguration d'Althea, qui est la seule opération conduite dans le cadre de Berlin + (avec le recours aux capacités et aux moyens de l'OTAN), verrait ses effectifs réduits de 2200 actuellement à environ 200. Cette réduction s'accompagnera d'un nouveau mandat axé sur le conseil, l'entraînement et la formation. Selon le scénario choisi, le format du commandement Berlin+ serait maintenu, ce qui permettrait de garder le lien entre l'UE et l'OTAN et peut-être de maintenir la participation de la Turquie qui contribue actuellement à l'opération. Le CONOPS (concept d'opération) en cours d'élaboration devrait toutefois veiller à ce que cette nouvelle opération PESD n'empiète pas sur la mission de formation des forces armées bosniaques déjà mise en œuvre par l'OTAN.
Devant la presse, la ministre de la Défense tchèque, Vlasta Parkanova, a affirmé que tous les ministres se sont mis « d'accord que du point de vue militaire les tâches (d'Althea) ont été remplies » mais que la décision devrait encore être discutée avec d'autres pays et par les ministres des Affaires étrangères. Elle a toutefois souligné que les ministres de la Défense estiment que cette reconfiguration « ne devrait pas être remise à plus tard ». Mais « les États membres devraient s'abstenir des retraits unilatéraux », a-t-elle averti en faisant référence à la France et aux Pays-Bas qui ont entamé le redéploiement de leurs contingents. Résumant les résultats de la réunion, la présidente en exercice du Conseil de l'UE a également souligné que la réforme politique en Bosnie-Herzégovine n'était pas encore terminée. Avec un accord de stabilisation et d'association (ASA) signé et un accord intérimaire déjà en vigueur, il s'agit de rechercher « la juste façon d'amener ce pays vers l'UE », a-t-elle déclaré. (A.By.)