Bruxelles, 13/03/2009 (Agence Europe) - Les entrepreneurs européens redoutent l'évolution de la situation économique au cours des prochains mois. La fédération européenne des employeurs (BusinessEurope) et les représentants de l'artisanat et des PME en Europe (UEAPME) ont chacun présenté, jeudi 12 mars, des études qui dressent un tableau bien sombre de l'activité en 2009.
Dans ses prévisions économiques de printemps, BusinessEurope voit le PIB de l'UE reculer de 2,2% cette année (-2,1 pour la zone euro), avec des dépenses d'investissement en chute de 7,4% et une contraction des exportations de 5,9%. La crise risque surtout de provoquer de nombreuses faillites entraînant 4,5 millions de pertes d'emplois, dont 2 millions rien que pour l'Espagne et le Royaume-Uni. Ces prévisions sont plus pessimistes que celles présentées en janvier par la Commission, qui tablait sur une baisse du PIB de 1,9%, mais plus conformes à celles d'autres organisations (dont la Banque centrale européenne - BCE) qui les ont déjà revues à la baisse. Comme l'institution de Francfort, BusinessEurope anticipe une baisse de l'inflation vers le milieu de l'année dans la zone euro. Pour 2009 dans son ensemble, la hausse des prix devrait être de 0,8% (1% dans l'UE à 27). L'accès au financement reste la préoccupation majeure des entreprises quelle que soit leur taille, estime BusinessEurope, qui anticipe une détérioration accrue de la profitabilité.
Dans ce contexte, l'organisation plaide pour une approche en quatre volets: - Restaurer l'accès aux financements à des conditions acceptables (BusinessEurope appelle notamment la BCE à accroître ses efforts) ; - Lutter contre les réflexes protectionnistes qui affaiblissent le marché intérieur et le libre commerce ; - Mettre en œuvre les plans de relance étatiques de manière coordonnée et ; - Accélérer les réformes structurelles.
Selon une autre étude publiée jeudi 12 mars par l'Union européenne de l'artisanat et des PME (UEAPME), la confiance des entreprises européennes est au plus bas. Près de la moitié des 50 000 PME interrogées à travers l'Europe s'attendent à une baisse des activités au cours du premier semestre 2009 (alors qu'il y a deux ans la morosité affectait seulement 20% d'entre elles). Cette tendance était visible depuis un an, mais les attentes ont connu une très nette baisse au cours des six derniers mois. De tels résultats étaient prévisibles, mais l'ampleur de la dégradation « est un signe clair des temps difficiles que vivent les petites entreprises européennes », a commenté Gerhard Huemer, directeur à l'UEAPME chargé de cette étude.
À ce stade pourtant, et contrairement aux plus grandes compagnies, les petites entreprises n'ont pas encore procédé à des licenciements pour faire face à la récession. Les micro-entreprises conservent plus d'employés dans leur effectifs que de pures considérations de turnover suggéreraient, explique M. Huemer, pour qui ceci est « en partie dû à la relation de travail plus étroite entre la direction et le personnel, mais aussi à la crainte de perdre des travailleurs qualifiés qu'il serait difficile de remplacer et de garder une fois la fin de la crise arrivée ».
Si les anticipations en matière d'investissements et de commandes restent fortement négatives pour les mois à venir, une lueur d'espoir pourrait venir du secteur des services. Les entreprises de ce secteur estiment en effet que les commandes semblent atteindre le creux de la spirale négative et pourraient donc se stabiliser d'ici mi-2009 (le secteur des services aux personnes envisage même une amélioration), constate enfin l'UEAPME. (A.B.)