Florence, 13/03/2009 (Agence Europe) - La crise financière et économique, vécue par tous les pays du monde était le sujet principal des débats de l'Assemblée générale annuelle du Forum global d'associations de régions (FOGAR) les jeudi 12 et vendredi 13 mars 2009 à Florence. « La crise n'est pas la même en Europe et au Mali ou en Indonésie et au Canada » mais les régions et les communautés locales sont « les premières à faire face à ce problème », dit Claudio Martini, président du FOGAR et de la région Toscane. Une crise de confiance vis-à-vis des institutions en découle et souligne le problème de la « flexibilité des institutions communautaires pour faire face aux nécessités d'aujourd'hui », estime M. Martini qui plaide en faveur d'une « initiative coordonnée des régions ». Bruno Chiaverini, président de la chambre de commerce de Lyon, a souligné la nécessité de « réorienter les programmes et initiatives vers les collectivités régionales ».
Abdourahim Agne, ministre de l'Aménagement du territoire et de la coopération décentralisée de la République du Sénégal, estime que la seule réponse à la menace de perte de financements serait « d'assurer le carrelage macro-économique » des pays pour qu'ils soient préparés à la sortie de la crise. « La crise n'est pas éternelle » et ce n'est pas qu'une catastrophe « mais aussi une opportunité qui permet de rebondir », dit-il.
Durant cette crise, les populations ne s'adressent pas au gouvernement central de leur pays mais plutôt aux gouvernements locaux, constate Paúl Carrasco Carpio, président de l'Organisation latino-américaine de gouvernements intermédiaires (OLAGI). Il faut « une meilleure implication des gouvernements locaux dans le développement » tout en se fondant sur les réalités locales à travers une complémentarité entre les régions et non entre les continents, a-t-il dit.
La Conférence des régions périphériques maritimes d'Europe (CRPM) compte mener une initiative auprès de l'Union européenne pour qu'elle écoute les voix des territoires et des régions. M. Martini a annoncé qu'il proposerait l'organisation d'une réunion entre la Commission européenne et les régions du FOGAR. Il demanderait aussi une plus grande flexibilité de la part de la Commission afin d'entreprendre un processus de réorientation des fonds structurels.
Priscilla Wohl, directrice du Northern Forum, une association internationale de gouvernements régionaux de la région arctique, dit qu'il faut montrer aux populations comment pêcher, comment obtenir et fabriquer leur propre nourriture au lieu de leur en donner. Il faut réformer les formations pour qu'elles visent les métiers du futur et non du passé.
La crise économique et financière n'est pas la seule crise vécue par les populations mondiales. Elle va de pair avec la crise alimentaire et la crise climatique. La crise alimentaire sera évoquée au sommet organisé à Dakar en janvier 2010 afin de « poser les bases pour l'élimination de la faim dans le monde », a dit M. Agne. Pour ce qui est de la crise climatique, Christopher Nuttall, représentant du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a indiqué que les « acteurs prioritaires » pour faire face à cette crise sont les collectivités territoriales, les pays ne pouvant pas faire face aux problèmes variés vécus par chaque région ou territoire. Le PNUD entreprend plusieurs actions auprès des régions dans le contexte climatique comme pousser les régions à faire un diagnostic climatique et définir une stratégie par eux-mêmes tout en travaillant en partenariat avec les régions ayant une certaine expertise dans les domaines en question. Le PNUD demande également à ce que les régions soient mentionnées dans le texte de Kyoto 2 et souligne que la future déclaration de Dakar démontrera l'importance d'un partenariat et d'une coopération entre les États, les régions et les acteurs internationaux. (E.M.)