Bruxelles, 10/03/2009 (Agence Europe) - Selon le secrétariat général de l'OMC, depuis le dernier examen, en 2004, de sa politique commerciale, le Brésil a poursuivi la modernisation et la rationalisation progressives de son régime commercial tout en relevant la protection tarifaire moyenne. Atteignant 4,5% sur période 2004-2007 et 6,3% entre septembre 2007 et septembre 2008, la croissance économique du Brésil a été favorisée par une grande concurrence sur le marché, permise par des réformes récentes et un climat favorable. Face à la montée du protectionnisme, et à la veille de la réunion du G20, le 5ème examen par l'OMC de la politique commerciale du Brésil a néanmoins donné l'opportunité à l'UE d'appeler son partenaire latino-américain, qui ne figure pourtant pas, dans un récent rapport de la Commission européenne, parmi les pays tiers qui ont adopté des mesures potentiellement restrictives ou porteuses de distorsions en janvier dernier (EUROPE n° 9856), à résister au protectionnisme et respecter l'engagement du G20 à préserver l'ouverture des marchés. Tout en louant Brasilia pour sa position responsable dans la crise économique et financière, les représentants de l'UE ont fait part, devant l'organe de l'OMC chargé de l'examen de la politique commerciale des pays membres, mardi 10 mars, de leurs préoccupations concernant des entraves aux échanges pour les entreprises européennes actives au Brésil, en pointant en particulier du doigt les barrières non tarifaires et l'utilisation discriminatoire des normes et de procédures longues ; à cet égard, l'UE encourage Brasilia à intensifier ses efforts pour réduire la bureaucratie excessive dans ses procédures de certification et à aligner ses règles avec les normes internationales. L'UE met aussi l'accent sur les insuffisances du système brésilien pour garantir le respect des droits de la propriété intellectuelle, ainsi que des retards dans les demandes de brevets et de marques déposées. Le Brésil est par ailleurs appelé à garantir l'efficacité, la transparence, l'ouverture et l'accès non discriminatoire de ses marchés publics et à adhérer à l'accord OMC sur les marchés publics (GPA). Sont également montrés du doigt les programmes de soutien gouvernemental aux exportations et la nécessité d'une plus grande ouverture du marché des services au Brésil. L'UE demande aussi davantage de transparence de la part du Brésil sur le processus d'organisation et d'intégration régionale des pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela). Enfin, l'UE rappelle le rôle crucial du Brésil dans les négociations multilatérales du round de Doha et son engagement en faveur des pays les moins avancés. (E.H.)