Bruxelles, 10/03/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne est prête à débattre des récentes propositions faites par la Russie visant à mettre en place une nouvelle « architecture de sécurité » en Europe et à négocier un nouvel accord international sur l'énergie, censé remplacer le Traité de la Charte de l'Énergie (TCE) que la Russie n'a pas ratifié. Elle attend cependant que les autorités russes précisent leurs pensées sur ces deux sujets, a affirmé la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, dans un discours prononcé lundi 9 mars à Chatham House à Londres. « La Russie a mis sur la table de nouvelles idées comme, par exemple, sa proposition ambitieuse - mais pas encore très détaillée - de lancer des négociations sur un nouvel accord international sur l'énergie. Nous sommes prêts à discuter ces nouvelles idées et attendons (de Moscou) des détails supplémentaires », a déclaré Mme Ferrero-Waldner. Elle a cependant ajouté que cet éventuel nouvel accord ne devra pas rester en-deçà de ce qui a été convenu dans le TCE actuellement en vigueur. « Nous voulons en tout cas préserver ce qui a été acquis à travers le traité de la Charte de l'énergie », a-t-elle souligné. L'ambassadeur russe auprès de l'UE, Vladimir Chizhov, a récemment affirmé que le TCE avait démontré son « inutilité » pendant la crise de gaz du début de l'année et plaidé pour son amendement ou son « remplacement » par un autre accord (EUROPE n° 9832). Le président russe Dmitri Medvedev a annoncé récemment qu'il avait demandé à son gouvernement et aux compagnies énergétiques nationales de rédiger « des propositions en vue d'un nouveau traité de la Charte de l'énergie ». Les propositions devraient être publiées encore avant le sommet du G20 le 2 avril à Londres, a-t-il indiqué.
La récente proposition du président russe Dmitri Medvedev pour la conclusion d'un nouveau traité de sécurité européenne doit également être abordée avec un esprit ouvert, a estimé Mme Ferrero-Waldner. Il est cependant nécessaire que l'Europe parle d'une seule voix et qu'elle « fixe très clairement ses lignes rouges », y compris le retrait des troupes russes de Moldavie et de Géorgie (Ossétie du Sud et Abkhazie). « Si 'Helsinki II' (référence faite aux premiers accords signés en 1975, Ndlr) peut devenir un 'Helsinki Plus', alors nous devrions voir cette possibilité comme une opportunité plutôt que comme une menace », a conclu la Commissaire. (H.B.)