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Bulletin Quotidien Europe N° 9858
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

Pas de reprise économique avant 2010, ni d'intégration accélérée à la zone euro

Bruxelles, 10/03/2009 (Agence Europe) - La dégradation des prévisions économiques pour l'année en cours se confirme. Les récentes prévisions des services de la Banque centrale européenne (BCE), les derniers chiffres de la productivité industrielle, les différents indicateurs de confiance, toutes ces données pointent vers le bas avec plus d'insistance que prévu, a constaté le président de l'Eurogroupe, lundi 9 mars.

Détérioration des perspectives économiques pour 2009. Au cours de la réunion, Jean-Claude Juncker a été très clair: « Nous constatons que la situation économique s'est nettement dégradée par rapport à notre dernière réunion de février et qu'il n'y a pas d'indicateurs massifs qui pourraient nous faire penser que la situation est en train de se redresser dans la bonne direction ». Selon le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, « toutes les prévisions et toutes les indications dont nous disposons se caractérisent par leurs aspects excessivement négatifs ». Il ne fait aucun doute que « la récession que nous traversons est profonde et dépasse en ampleur et en vigueur celle que nous avions vécu au début des années 90 ». Les chiffres de la BCE, qui tablent sur un recul de la croissance entre -3,2% et -2,2% pour 2009 (EUROPE n° 9855), sont inférieurs à toutes les anticipations précédentes, notamment celles de la Commission (-1,9% en 2009 jusqu'à présent). Celle-ci devrait revoir ses prévisions à la baisse en mai prochain, le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, ayant confirmé lundi que les risques identifiés précédemment se matérialisaient et que la perspective d'un début de reprise en 2009 s'éloignait. Jusque là envisagée pour la fin de l'année, l'hypothèse d'une reprise graduelle est « plutôt reportée sur 2010 », a confié M. Almunia. Si les paquets budgétaires de relance feront sentir leurs effets, il est toujours trop tôt pour les mesurer vraiment et « la reprise se fera attendre plus que nous le pensions il y a quelques mois », a ajouté le commissaire.

Pas de nouveau plan de relance en vue. En attendant de connaître les effets des mesures de relance budgétaires déjà décidées, la zone euro n'en envisage pas de nouvelles, écartant cette éventualité avec autant de fermeté que les attentes en ce sens s'étaient faites pressantes de la part des États-Unis ces derniers jours. « Nous sommes tombés d'accord (les seize membres de l'Eurogroupe) que les récents appels américains consistant à exiger des Européens un effort budgétaire supplémentaire pour lutter contre les effets de la crise ne nous conviennent pas, dans la mesure où nous ne sommes pas prêts à augmenter les paquets conjoncturels que nous avons ficelés », a déclaré à la presse M. Juncker. « Nous ne voulons pas donner l'impression que nous serions en train de réfléchir à la mise en route de nouveaux paquets conjoncturels », car, selon lui, « l'Europe et l'Eurogroupe ont fait ce qu'ils avaient à faire ». Le volume des efforts de relance (mesures étatiques discrétionnaires, jeu des stabilisateurs automatiques et effort du budget communautaire et de la BEI) représente entre 3,3% et 4% du PIB de l'UE et « nous pensons qu'il ne faudra pas que nous ajoutions à l'effort qui est le nôtre », a estimé M. Juncker, préférant attendre d'en mesurer les effets et ne pas creuser plus encore les déficits. Les effets des mesures de relance se feront sentir graduellement, certains plus tardivement que d'autres, mais l'essentiel de l'impact pourra être mesuré « au cours de l'année 2010 ». Pour l'instant en tout cas, « nous ne pensons pas que nous devrions ajouter des déficits au déficit et des éléments de dette aux éléments de dette que nous avons d'ores et déjà alignés », a-t-il signifié.

Le retour à la consolidation va se préciser. Il est en revanche possible d'évaluer le poids des mesures de relance pour les finances publiques, sans attendre de voir quel aura été leur effet sur l'économie. L'Eurogroupe est ainsi « d'accord pour redire que nous avons besoin d'une stratégie de sortie de la détérioration de nos situations de finances publiques », a rappelé M. Juncker, avec pour objectif, encore pendant le premier semestre de l'année en cours, de « devenir plus précis sur la stratégie de sortie ». La définition des trajectoires d'ajustements pour les déficits excessifs de six États membres de l'UE, voire sept (avec le Royaume-Uni), constituera une première indication des efforts de consolidation à fournir. Dans leur contribution au Conseil européen, les ministres des Finances des 27 prévoient aussi que les États membres devront commencer à renverser la vapeur en 2010, ou 2011 pour ceux ayant plus de marge de manœuvre (EUROPE n° 9856), mais pour l'heure la perspective d'une nouvelle échéance de retour à l'équilibre des finances publiques reste encore vague (elle ne devrait pas être envisagée avant de connaître les prochaines prévisions économiques de la Commission).

Le débat sur les critères d'adhésion à la zone euro est clos. « Au moment où nous assistons à une excessive volatilité, le moment n'est pas venu de lancer un débat sur la définition des critères d'adhésion à la zone euro ou sur une nouvelle interprétation des critères qui sont les nôtres », a préconisé le président de l'Eurogroupe pour clore le débat sur l'accélération de la procédure d'adhésion. Il ne s'agit pas de fétichisme mais dans une Union économique et monétaire (UEM) sans autorité centrale, « il est évident que l'ensemble du système doit être basé sur un corps de règles », constituées par le traité et le Pacte de stabilité et de croissance. « Il n'est pas question de changer les critères d'adhésion. Il n'est pas question de réduire la durée de présence d'un État membre qui veut devenir membre à la zone euro de deux à une année ou moins » dans le mécanisme de change européen (ERM II), a-t-il insisté. « Nous en restons aux critères tels que nous les avons définis et tels qu'ils font la crédibilité de l'Union monétaire en tant que telle ». Selon lui, « la consolidation commence d'abord dans chaque pays lui-même » et « les instruments que nous avons à notre disposition permettent de réagir à toutes les situations qui peuvent se présenter au cours des mois à venir », en particulier d'éventuelles nouvelle demandes de soutien à la balance des paiements (voir autre nouvelle). Une approche « au cas par cas » prévaut donc, a renchéri M. Almunia. (A.B.)

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