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Bulletin Quotidien Europe N° 9837
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/eurogroupe

à la recherche d'une meilleure coordination

Bruxelles, 10/02/2009 (Agence Europe) - La situation économique de la zone euro « reste très difficile et très fragile » et « nous considérons toujours qu'en dépit de certaines améliorations, le crédit ne circule pas suffisamment », a souligné Jean-Claude Juncker, lundi 9 février. Le constat est sans surprise et les défis sont « considérables », a-t-il ajouté devant la presse à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe qu'il présidait. S'il est inutile d'envisager à ce stade de nouveaux plans de relance, la priorité restant la mise en œuvre des mesures décidées, il y a en revanche obligation d'agir « rapidement » et de manière coordonnée pour régler la
question du traitement des actifs dépréciés des banques et pour tenter d'atténuer les effets de la crise sur le marché de l'emploi.

Priorité à la mise en œuvre des mesures décidées. Les paquets conjoncturels évoluent « dans la ligne » des principes définis par le Conseil européen de décembre et même si certains ajustements sont parfois apportés, « nous ne voyons pas la nécessité immédiate de faire suivre les programmes conjoncturels par des efforts de la même envergure », a constaté M. Juncker. Les effets favorables pour l'économie réelle ne manqueront pas de se faire sentir, au moins de manière graduelle, juge le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois. Pour l'instant, les indicateurs continuent de souligner la difficulté de la situation, même si en janvier certaines données montrent un arrêt de la dégradation constatée au cours des derniers mois. Si cela se confirmait, on pourrait commencer à voir « si nous touchons le creux de la vague », a espéré le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia, qui exhorte à mettre en œuvre les mesures décidées, dont l'ampleur est conséquente (EUROPE n° 9835).

Le marché de l'emploi inquiète. La situation sur le marché de l'emploi est « inquiétante » et ne va pas s'améliorer en 2009, a constaté M. Juncker, qui part de l'idée que « les niveaux de chômage vont encore se développer davantage au cours de l'année 2009 ». Dans ce contexte, « le recours rapide et sans nuances à des licenciements collectifs ne constitue pas une bonne méthode », a-t-il lancé, en appelant les entreprises à utiliser le plus largement possible le chômage partiel. Sur base d'une note de la Commission, l'Eurogroupe a adopté un texte de référence recommandant d'avoir recours à des « mesures ciblées » de ce type pour « aider à empêcher les licenciements ». De même, « l'ajustement des heures de travail, adapté aux besoins de la production peut être une source importante de flexibilité sur le marché du travail », indique le document, qui juge aussi que « des mesures de formation ciblées, combinées à des systèmes de travail à temps partiel flexibles, pourraient se montrer très efficaces ».

Vers une stratégie pour restaurer les finances publiques. Alors que les déficits se creusent et que les niveaux d'endettement évoluent vers le haut, « nous sommes tous d'accord pour dire qu'à un moment donné, nous devons traduire en décisions plus concrètes l'idée qu'il nous faut à tout prix avoir une stratégie de sortie de la spirale des déficits et de l'endettement », a répété M. Juncker. La définition d'un objectif de retour à la consolidation n'est pas pour tout de suite, mais le sujet sera abordé « au cours des mois à venir, puisque tous nous voulons respecter dans son esprit et dans ses lettres le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) », a-t-il ajouté. Au moment d'analyser, les 18 et 25 février prochains, les programmes de stabilité et de convergence actualisés (elle en a reçu une vingtaine), la Commission lancera des procédures de déficit excessif en application des règles du PSC (article 104§3 du Traité), une première étape sur la voie devant conduire à la consolidation des finances publiques.

Comment traiter les actifs dépréciés des banques ? La discussion de l'Eurogroupe a largement porté sur la question du traitement des actifs toxiques et plus largement des actifs dépréciés dont les banques devraient se débarrasser. « Nous sommes en train, vu la spécificité des différentes situations nationales de nous approcher d'une solution », a indiqué M. Juncker. Si coordination de l'approche européenne il doit y avoir, celle-ci se fera en fonction des situations spécifiques des États membres et des établissements concernés. « Nous pensons que les différents instruments qui peuvent être imaginés pour les traiter peuvent être utilisés dans certains pays, pour certaines banques dans des situations spécifiques », a observé M. Juncker. « Il est essentiel pour certaines banques que nous trouvions rapidement une façon de traiter les actifs toxiques », car cela peut contribuer à la stabilité financière, a-t-il ajouté, soucieux de déterminer la façon de procéder en commun mais de manière différenciée. Dans l'idée de la Commission, il n'y a « pas de mesure unique pour tous », a confirmé M. Almunia, mais il faut garantir que les conditions seront les mêmes pour tous et que les règles des aides d'État seront respectées. Trois principes doivent être pris en compte pour examiner la valeur des actifs (et donc déterminer leur éventuel prix d'achat) selon lui: - la transparence dans la méthode d'évaluation et l'indépendance des personnes chargées de cet exercice ; - l'égalité de traitement, peu importe la technique utilisée (plusieurs options existent pour traiter les actifs toxiques, dont celle d'une structure de défaisance ou « bad bank ») et - un partage adéquat de la charge entre contribuables et actionnaires (pour maîtriser notamment l'impact des opérations sur les finances publiques). (A.B.)

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