Bruxelles, 10/02/2009 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances ont abordé, mardi 10 février, la question de la vente à découvert («short selling»). Dans le contexte de marchés à la baisse, cette technique financière consiste à parier sur la baisse d'une valeur. Elle revient à vendre une action alors qu'on ne la possède pas puis à la racheter en espérant que sa valeur ait diminué. Au plus fort de la crise financière, plusieurs États membres ont décidé de suspendre la vente à découvert afin de mettre un frein à la baisse jugée irrationnelle des marchés. Des différences sont apparues concernant notamment la durée des mesures prises et les acteurs financiers concernés. Les Pays-Bas ont souhaité lancer une discussion sur ce sujet. Estimant que chaque État a sa propre conception sur les mesures visant la vente à découvert, ils plaident pour un consensus au niveau international. Au niveau européen, il s'agirait de demander une analyse du Comité européen des régulateurs des valeurs mobilières (CESR) sans toutefois modifier la législation européenne encadrant les marchés financiers. Reconnaissant la légitimité des États membres à adopter des mesures temporaires pour tenter d'enrayer la chute des marchés financiers, le commissaire Charlie McCreevy (Marché intérieur) a constaté lui aussi l'absence d'une approche commune sur cette question. Il a appuyé l'idée de demander conseil au CESR car il est trop tôt, selon lui, pour conclure à la nécessité de lancer une action spécifique au niveau européen.
Certaines délégations ont souhaité lier la discussion aux systèmes de rémunération des professionnels de la finance. La rémunération et les bonus des dirigeants doivent être en rapport avec des objectifs de long-terme, a estimé la Suède, qui souhaite un débat sur cette question entre les ministres européens des Finances. Le Royaume-Uni s'est dit lui aussi prêt à approfondir la discussion en la replaçant dans un contexte plus large. M. McCreevy a rappelé que la Commission tentait d'inclure ce sujet dans la communication sur la stabilité financière qu'elle présentera en vue du Conseil européen de printemps. (M.B.)