Bruxelles, 21/01/2009 (Agence Europe) - L'UE s'est dite mardi 20 janvier « très préoccupée » par le meurtre de l'avocat spécialiste des droits de l'Homme, Stanislav Markelov, et de la journaliste, Anastassia Babourova, tués tous les deux le 20 janvier en plein jour dans une rue animée de Moscou. M. Markelov représentait les intérêts d'une famille tchétchène dont la fille avait été kidnappée, violée et tuée en 2000 par des soldats russes et le colonel russe Iouri Boudanov. Ce dernier avait été condamné à dix ans de prison mais a bénéficié d'une libération conditionnelle anticipée contre laquelle M. Markelov avait l'intention de porter plainte devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg. L'avocat assassiné s'occupait aussi de l'affaire de Mikhaïl Beketov, rédacteur d'un journal moscovite critique vis-à-vis de l'administration locale, qui avait été agressé récemment. « Le meurtre de M. Markelov est malheureusement le dernier acte d'une série d'attaques contre les défenseurs des droits de l'Homme, les journalistes et les membres d'organisations non gouvernementales », déplore la Présidence tchèque dans une déclaration datée du 21 janvier. Au nom de l'UE, la présidence demande aux autorités russes de mener rapidement une « enquête impartiale afin de traduire en justice les coupables ». La Commission européenne s'est également dite « choquée » par les deux meurtres et a exigé que les coupables soient rapidement arrêtés et traduits en justice. L'eurodéputé allemand Milan Horacek (Verts) déplore dans un communiqué qu'en dépit des engagements pris par le président Medvedev et le Premier ministre Poutine, « la situation des droits de l'Homme en Russie ne s'est pas améliorée du tout depuis l'assassinat d'Anna Politkovskaïa ». L'UE doit faire pression sur Moscou pour que les conventions internationales en matière de droits de l'Homme soient respectées, dit-il. En cas de violations, l'UE devrait demander la mise en place de commissions d'enquête internationales, estime M. Horacek. (H.B.)