Bruxelles, 21/01/2009 (Agence Europe) - Présentant les priorités de son gouvernement en matière de politique énergétique à la commission de l'Énergie du Parlement européen présidée par l'Allemande Angelika Niebler (PPE-DE), le ministre tchèque de l'Industrie Martin Riman a confirmé, mercredi 21 janvier, que la sécurité énergétique sera la priorité numéro un d'une Présidence tchèque déjà appelée à réagir rapidement sur ce thème en arbitrant le récent différend commercial gazier entre la Russie et l'Ukraine.
La Présidence tchèque poursuivra le développement de la politique énergétique de l'UE. Figurent à son programme les thèmes de l'intégration du marché intérieur de l'énergie, de l'amélioration de l'efficacité énergétique, de l'exploitation efficace des ressources énergétiques et de la diversification des sources et des routes d'approvisionnement, pourvu que les mesures prises pour y parvenir reflètent l'approche climatique intégrée. Ses priorités reposent sur la réalisation du Plan d'action 2007-2009 pour la politique énergétique pour l'Europe et sur la 2ème Analyse stratégique de la politique énergétique qui fera l'objet d'une contribution du Conseil Énergie au Conseil européen de printemps pour préparer le Plan d'action 2010-2012.
Pour renforcer la sécurité énergétique de l'UE, la Présidence tchèque concentrera ses efforts sur trois axes: l'identification des actions à mener en matière d'infrastructures via une analyse offre/demande sur une perspective à moyen et à long terme ; le soutien au développement des infrastructures énergétiques ; le développement des relations contractuelles avec les régions et pays tiers producteurs ou de transit pour assurer un approvisionnement fiable et contribuer à la diversification des sources et des routes d'approvisionnement. L'accent sera donc mis sur les relations énergétiques extérieures, avec une attention particulière portée à la Russie, l'Ukraine et aux pays de la mer Caspienne. Sera organisé en mars un Sommet pour le corridor gazier Sud, réunissant l'UE, les pays de la mer Caspienne et la Turquie. Sont également prévues une réunion exceptionnelle du Conseil de partenariat permanent UE/Russie à la veille du sommet UE/Russie à Kazan et une conférence internationale sur le transit de gaz en Ukraine. La Présidence tchèque mettra aussi l'accent sur le renforcement des interconnexions et la construction des segments manquants dans le réseau actuel d'infrastructures de transmission et de transport d'énergie dans l'UE, ainsi que sur l'amélioration de la coordination entre les gestionnaires des réseaux de transport (GRT). Enfin, la Présidence tchèque s'efforcera de favoriser un accord sur la révision des règles relatives à la formation de stocks pétroliers de sécurité et sur la révision de la directive sur la sécurité de l'approvisionnement en gaz.
Concernant le marché intérieur de l'électricité et du gaz, la Présidence souhaite parvenir à un accord en deuxième lecture sur le 3ème paquet législatif de libéralisation qui se heurte encore à l'épineuse question de la séparation patrimoniale des activités de production/distribution et transport/réseau des opérateurs énergétiques (ownership unbundling). Une option qui, à écouter M. Riman, n'enthousiasme pas vraiment Prague. « Nous devons tirer les leçons de la crise que nous venons de traverser. Si nos structures sont fragmentées, comment nos entreprises peuvent-elles opposer un contrepoids à Gazprom ? C'est une question que je me pose », a insisté le ministre tchèque. La Présidence entend accorder une attention toute particulière à la problématique des investissements et aux questions relatives aux interconnexions. Elle compte aussi ouvrir un débat sur le thème de la possible mise en place d'un tarif transparent unique pour le transport international d'électricité pour les besoins du marché intérieur et pour les échanges d'électricité avec les pays tiers. Enfin, la Présidence organise fin janvier à Ostrava une conférence consacrée à la problématique du marché intérieur de l'électricité et de l'accroissement de la sécurité énergétique.
En matière d'efficacité énergétique, la Présidence poursuivra les négociations sur les mesures à prendre en matière de consommation (étiquetage énergétique des appareils électroménagers, efficacité énergétique des bâtiments et étiquetage énergétique des pneumatiques) et œuvrera pour l'adoption en première lecture de la proposition reformulée de directive-cadre aménageant les exigences en matière d'éco-conception. Concernant les sources d'énergie à faible teneur en carbone, la Présidence tchèque encouragera un débat critique et ouvert sur toutes les sources d'énergie disponibles et sur leur exploitation économique en conformité avec les engagements climatiques pris par l'UE. Ce débat se concentrera sur les thèmes suivants: le soutien aux nouvelles technologies, les économies d'énergie, les opportunités et risques liés à l'exploitation de l'énergie nucléaire, les opportunités et risques liés à l'exploitation des biocarburants et l'impact de l'énergie éolienne sur la stabilité des réseaux de transport. Bien entendu, la Présidence entend mettre en avant les travaux du Forum nucléaire, alternativement accueilli depuis 2007 par la République tchèque et la Slovaquie. Prague entend aussi approfondir les discussions sur la mise en œuvre du plan stratégique pour les technologies énergétiques (SET-Plan) et sur le soutien à l'exploitation de la technologie du charbon propre et des projets de démonstration pour le système de capture et de stockage des émissions de carbone. (E.H.)