Bruxelles, 21/01/2009 (Agence Europe) - Les parents restent le rempart essentiel pour protéger les enfants des contenus trop violents des jeux vidéo. C'est la constatation à laquelle sont parvenus les participants d'une audition publique organisée dans le cadre d'un projet de rapport de Toine Manders (ADLE, néerlandais) sur la protection des consommateurs dans le domaine des jeux vidéo. L'objectif de l'audition était de déterminer l'impact social des jeux vidéo sur les plus jeunes et de considérer la réponse politique à donner pour protéger les jeunes consommateurs des jeux particulièrement violents. Le député Manders a demandé aux participants dans quelle mesure les jeux vidéo étaient directement responsables des comportements violents chez les enfants et les adolescents et s'il était urgent de consacrer davantage de moyens pour des campagnes de prévention dans les écoles. Pour lui, il existe des pistes d'action pour contrôler l'usage des jeux violents par les plus jeunes, comme le contrôle de l'identité des détenteurs de cartes de crédits lors d'achats en ligne de jeux vidéo.
Selon le professeur Jeffrey Goldstein de l'Université d'Utrecht, les jeux vidéos sont un excellent moyen de socialisation et entraînent de nombreux effets positifs pour le développement de la mémoire, des capacités cognitives et du développement intellectuel des jeunes enfants, si on leur propose des jeux appropriés. Pour M. Goldstein, il ne faut pas diaboliser la violence dans les jeux vidéos car exprimer son agressivité dans les jeux, qu'il s'agisse de jeux vidéos ou autres, est une « nécessité biologique » du développement des jeunes adolescents. Il n'existe aucune étude fiable qui établisse une corrélation entre les comportements violents dans la vie réelle et l'agressivité déployée dans les jeux vidéo, a-t-il souligné. Les parents sont les premiers à pouvoir constater des signes d'assuétude de leurs enfants aux jeux vidéos, à prévenir leur utilisation et à les éduquer pour les aider à faire les bons choix, a-t-il fait remarquer. Directrice du Danemark's Media Council, Susanne Boe a donné l'exemple d'une campagne de prévention nationale danoise. Un objectif essentiel est, selon elle, également, de sensibiliser les parents au problème, car ce sont les premiers à pouvoir poser des limites à l'utilisation des jeux vidéo. Avocat chargé des dossiers relatifs à la protection des mineurs et à la cybercriminalité, Laurent Baup a évoqué les avantages et les limites du système PEGI, le système paneuropéen de classification par catégorie d'âge des logiciels de loisirs mis au point par l'industrie avec le soutien de l'Union européenne (voir EUROPE n° 9461). Le système fonctionne bien, est largement utilisé, mais les parents ne sont pas encore suffisamment informés de son existence, estime-t-il. D'autre part, PEGI doit être amélioré et développé (tous les jeux n'y sont pas répertoriés). Le système de vérification doit également être plus précis: faut-il vérifier l'âge uniquement ou l'identité globale du consommateur pour établir une liste des utilisateurs, a-t-il demandé. PEGI est un premier pas dans la bonne direction, mais l'industrie ne peut tout résoudre à elle seule et il faut la coopération de toute l'industrie de l'Internet, a conclu M. Baup. Un point de vue partagé par Alexander Scheuer, directeur général à l'Institut du droit européen des médias (EMR) de Sarrebruck, selon lequel il faut étendre les initiatives existantes, qui sont de l'autorégulation a-t-il fait remarquer, pour imposer une harmonisation minimum et favoriser un encadrement juridique stable. Patrice Chazerand, secrétaire général à l'ISFE (Interactive Software Federation Europe), a évoqué pour sa part la difficulté pour l'industrie de dresser des catégories dans les jeux vidéo, ceux-ci devenant de plus en plus interactifs (le joueur peut orienter le déroulement du jeu). Pour lui, la prévention passe d'abord par une campagne de prévention dans les écoles qui sont le meilleur lieu pour informer les parents des dangers qui guettent leurs enfants.
Le projet de rapport de Toine Manders était en discussion à la commission IMCO ce mercredi 21 janvier en vue d'un vote prévu le 11 février. (I.L.)