Bruxelles, 21/01/2009 (Agence Europe) - La lutte contre le changement climatique, la protection de l'environnement en général et en particulier son impact sur le bien-être et la santé des citoyens, les modes de consommation et de production durables et la protection de la biodiversité sont les quatre priorités de la Présidence tchèque dans le domaine de l'environnement. C'est avec enthousiasme que Martin Bursik, vice-premier ministre et ministre de l'Environnement de la République tchèque, est venu les présenter, mercredi 21 janvier, à la commission de l'environnement du Parlement européen. L'exposé et les réponses de ce ministre vert considéré par tous comme « très engagé » ont été salués par les eurodéputés, auxquels M. Bursik a assuré qu'ils pouvaient compter sur un engagement analogue de la Présidence tchèque, en particulier pour les négociations internationales préparatoires à l'obtention d'un accord mondial sur le climat à Copenhague, en décembre 2009 (sous Présidence suédoise).
Climat: «Avec le paquet climat, l'UE a lancé un signal politique particulièrement fort à ses partenaires. La conférence de Copenhague est maintenant dans nos esprits », a déclaré M. Bursik en soulignant que la volonté des pays développés et des pays en développement de parvenir à une réponse globale efficace pour l'après-2012, comme ils l'ont confirmé à Poznan en décembre dernier, « appelle des efforts d'atténuation et d'adaptation importants ». L'adaptation sera d'ailleurs débattue lors de la réunion informelle du Conseil Environnement, avancée à début avril, et le problème clé du financement fera l'objet d'une étroite concertation entre les ministres de l'Environnement et les ministres des Finances avant d'être traité par le Conseil européen. Engager les négociations préparatoires à Copenhague et trouver des mécanismes de financement seront les priorités (voir EUROPE n° 9815). « Nous allons continuer à négocier avec nos partenaires mais aussi avec la nouvelle administration américaine qui semble vouloir modifier la politique » (des États-Unis: NDLR). Des réunions bilatérales sont prévues avec l'Inde début février ; avec l'Afrique du Sud, fin février à Nairobi (en marge de la session du PNUE) ; avec la Chine du 11 au 13 mars ; au G8 en avril ; avec le Brésil, l'Argentine et le Chili, dans la deuxième quinzaine de mai. Et des démarches ont d'ores et déjà été engagées avec l'administration de M. Obama. Le ministre de l'Environnement de la future Présidence suédoise et Stavros Dimas, commissaire à l'Environnement, ont été invités par M. Bursik à se joindre à lui pour les négociations les plus importantes. En réponse à John Bowis (PPE-DE, britannique) qui insistait sur la nécessité « d'exercer des pressions sur les États-Unis », Martin Bursik a déclaré: au « Yes we can » du président Obama, on peut ajouter, à propos du climat « Yes we have to » (Nous pouvons et nous devons le combattre: NDLR). Il y a une douzaine de clés permettant d'orienter les négociations vers un accord. Il me semble qu'il faut commencer les États-Unis. Je vais téléphoner demain à Carol Brown » (conseillère à la Maison Blanche) ». M. Bursik a ajouté qu'il avait déjà adressé un courrier au nouveau cabinet pour solliciter une rencontre. « Il pourrait y avoir une concurrence entre les États-Unis et l'UE: on pourrait se disputer le rôle de chef de file », a-t-il dit, exprimant ainsi la saine émulation qu'il espère. La balle est toutefois dans le camp des États-Unis. Car « Barack Obama a parlé d'une réduction des émissions de 50% à l'horizon 2050, mais qu'en sera-t-il pour 2020 ? », s'est interrogé M. Bursik. À Avril Doyle (PPE-DE, irlandaise) qui doute que « le gouvernement tchèque aille dans le même sens et avec la même détermination que les autres gouvernements de l'UE » quand il présidera le Conseil européen de mars chargé de se prononcer sur le financement de la lutte contre le changement climatique, Martin Bursik a répondu sans hésiter: « La position de mon Premier ministre pendant les négociations sur le paquet climat a été positive. Mirek Topolánek a établi la passerelle entre les nouveaux et les anciens États membres. Il s'est fait l'avocat du compromis. Je m'attends à ce qu'il soit sur la même longueur d'onde que moi ».
Législation environnementale et son impact sur la santé: au plan international, la Présidence « négociera ferme un accord contraignant pour réglementer l'utilisation du mercure ». S'agissant de la législation européenne, « nous n'achèverons pas les travaux mais les accélérerons », a déclaré M. Bursik. Selon lui, un accord en première lecture sur le règlement relatif aux substances qui appauvrissent la couche d'ozone est possible. Il espère « faire avancer le débat pour réduire l'écart entre la position du Parlement et celle du Conseil » sur la proposition de refonte de la directive relative à la prévention et la réduction intégrées de la pollution industrielle (IPPC) dans l'espoir de parvenir à un accord politique au Conseil Environnement de juin. Le ministre a dit attendre avec impatience le résultat du vote de la commission de l'environnement prévu le 22 janvier, mais reconnaît qu'il faudra passer le flambeau à la Présidence suédoise. En réponse à Satu Hassi (Verte finlandaise) et à Cristina Gutiérrez-Cortines (PPE-DE, espagnole), impatientes de voir adoptée la directive cadre sur la protection des sols, M. Bursik s'est dit favorable à l'adoption de ce texte législatif en souffrance au Conseil depuis décembre 2007. Il a assuré qu'il tenterait de favoriser un compromis qui ne heurte pas les pays opposés à une directive (Royaume-Uni, Allemagne, France, Autriche, Pays-Bas) « ayant déjà un niveau élevé de protection des sols », et « en étant à l'écoute des pays du Sud qui veulent travailler à la protection des sols». Et d'ajouter: «Nous nous préoccuperons de la manière de traiter les sites pollués, de l'eau, des sols et de la gestion des forêts ». (A.N.)