login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 9822
Sommaire Publication complète Par article 15 / 35
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/politique commerciale

La prÉsidence tchÈque prÔne le libre-Échange

Bruxelles, 20/01/2009 (Agence Europe) - Venu présenter à la commission du Commerce international du Parlement européen présidée par l'Allemand Helmuth Markov (GUE/NGL), mardi 20 janvier, les priorités de la Présidence tchèque en matière de politique commerciale, le ministre tchèque de l'Industrie, Martin Riman, s'est nettement démarqué de son prédécesseur, la Française Anne Marie Idrac, en faisant part du ferme engagement de Prague en faveur du libre-échange. « Dans le contexte de la crise économique actuelle, il faut tirer les leçons du passé: le repli sur soi et l'autarcie n'ont fait qu'aggraver la dépression des années 30. Des politiciens avant nous ont fait des erreurs fondamentales. Nous ne devons pas les répéter », a insisté M. Riman, convaincu qu'en garantissant l'ouverture des marchés, la politique commerciale peut contribuer à adoucir l'impact de la crise et y trouver des solutions. « Il est urgent d'aller de l'avant, avec avant tout des politiques ouvertes et libérales mais conformes à la régulation du commerce mondial », a ajouté le ministre tchèque, dans un discours introductif faisant de la lutte contre le protectionnisme et l'introduction de nouveaux obstacles aux échanges, en particulier non tarifaires, la priorité numéro un de son gouvernement.

Au plan multilatéral, la Présidence tchèque est déterminée à réanimer le round de Doha et faire progresser, parallèlement au travail technique réalisé à Genève, les tractations politiques, dans l'espoir que les 135 pays membres de l'OMC scellent un accord sur les modalités de libéralisation des échanges en agriculture et sur les NAMA lors d'une ministérielle à Genève avant la fin de son exercice. Le prochain sommet des puissances économiques du G-20 le 2 avril à Londres devra à cette fin donner un nouvel élan aux pourparlers bloqués depuis l'échec de la ministérielle de juillet 2008. Si elle pourra difficilement convaincre des acteurs comme la Chine et l'Inde, mais aussi la France, de concéder des efforts supplémentaires, la Présidence tchèque tentera toutefois de pousser en ce sens auprès du nouveau président américain Barack Obama, plutôt enclin au protectionnisme lorsqu'il était candidat à la Maison blanche, mais aussi du futur gouvernement indien. Au plan multilatéral également, Prague veut contribuer à finaliser les négociations d'adhésion de la Russie à l'OMC, qui butent encore en particulier sur le dossier des tarifs à l'exportation sur le bois, mais aussi du Monténégro, très avancées pour leur part. Enfin, à la lumière du différend commercial gazier russo-ukrainien, la Présidence tchèque souhaite porter plus avant à l'OMC les questions du commerce énergétique et du transit.

Au plan bilatéral, la Présidence tchèque fait de la recherche de nouvelles opportunités commerciales et de l'élimination des obstacles non tarifaires ses principaux objectifs. Pour dynamiser les relations transatlantiques, elle entend relancer le Conseil économique transatlantique (TEC), qui vise la convergence réglementaire entre l'Europe et les États-Unis mais s'essouffle moins de deux ans après son lancement, faute de résultats concrets. Le renforcement des relations avec le Canada est aussi une priorité du gouvernement tchèque qui souhaite boucler, sous sa présidence, les discussions entamées en octobre dernier avec Ottawa pour un ambitieux partenariat économique et commercial. Le bouclage des négociations pour un accord bilatéral de libre-échange (ALE) avec la Corée du Sud, lancées en mai 2007 mais qui butent toujours sur les chapitres de l'automobile et des règles d'origine, est bien entendu le grand espoir de succès de Prague. Si la Présidence tchèque veut aussi faire progresser les négociations pour un accord de partenariat et de coopération avec la Chine, elle prévoit de difficiles négociations pour un ALE avec l'Inde et souhaite favoriser une décision pour une nouvelle stratégie de négociations pour un ALE avec les pays du bloc ASEAN. La poursuite des négociations pour des accords d'association avec l'Amérique centrale et la Communauté andine, ainsi que pour des accords de partenariat économique (APE) avec les pays ACP, figure également sur l'agenda de la Présidence tchèque, qui veut par ailleurs faire avancer les négociations pour un ALE avec l'Ukraine, dont un regain de crédibilité sera requis.

En revanche, la Présidence n'envisage pas de rouvrir le dossier des instruments de défense commerciale de l'UE, qui a largement divisé les États membres dans un processus de révision initié par l'ex-commissaire au Commerce Peter Mandelson auquel il a dû renoncer. « Pas partisan » des mesures antidumping, M. Riman, qui les considère comme « des outils techniques pour corriger en cas de commerce déloyal et non comme des outils politiques », estime qu'il n'est pas nécessaire de les modifier pour prendre en compte les différents intérêts économiques en jeu. « Si on transforme des mesures antidumping en instruments politiques, cela peut être dangereux car il y aura moins de transparence », a-t-il estimé, considérant en outre que la crise économique actuelle ne doit pas être l'occasion de renforcer le protectionnisme.

Enfin, la Présidence tchèque entend ne pas ménager ses efforts pour mettre en œuvre la stratégie révisée d'accès au marché qui vise à améliorer la coopération entre la Commission, les États membres et les entreprises pour déceler et éliminer les barrières aux échanges déguisées et renforcer la protection des droits de la propriété intellectuelle, notamment via l'Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA). (E.H.)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES