Bruxelles, 12/12/2008 (Agence Europe) - Les technologies existent pour que l'Europe se tourne vers une économie à faible teneur en carbone, mais l'industrie a besoin d'un cadre d'action cohérent et de politiques innovatrices et ambitieuses de la part des gouvernements pour mettre cette reconversion sur les rails. Tel est le message que plusieurs hauts responsables de sociétés leaders dans le domaine des technologies de l'information et de la communication (TIC), membres de la GeSI - Global eSustainability Initiatives (British Telecom, Cisco, Dell, Deutsche Telekom, Hewlett-Packard et Intel), ont fait passer à la commissaire responsable de la société de l'information et des médias, Viviane Reding, lors d'une rencontre à Bruxelles ce jeudi 11 décembre. Le GeSI a présenté à cette occasion un récent rapport intitulé « Smart 2020: enabling the low carbon economy in the information age », qui formule des recommandations pour que les nouvelles technologies puissent se mettre au service de la lutte contre le changement climatique. Les recommandations formulées par le rapport sont une « contribution très utile » qui « montre que l'industrie prend ses responsabilités, a indiqué Mme Reding pour qui de « beaux discours » ne suffisent pas pour inciter à l'action, s'ils ne sont pas accompagnés de statistiques précises.
Soulignant la nécessité absolue pour l'Europe de se doter d'infrastructures à large bande, y compris dans les régions les plus isolées, afin de permettre aux nouvelles technologies de se répandre à grande échelle, la commissaire Reding a appelé les responsables du secteur à utiliser les nouvelles opportunités que, paradoxalement, la crise économique et financière lui offre, pour développer une technologie plus « verte », source de nouveaux débouchés et de nouveaux emplois. « C'est une nouvelle opportunité pour l'Europe de prendre le leadership (…) Les solutions existent, il ne s'agit pas de recherche, mais d'innovation et de mise en œuvre au niveau industriel », a déclaré Mme Reding. La commissaire a souligné la nécessité d'une concertation entre toutes les parties concernées, non sur les objectifs, largement partagés, de réduire les émissions de CO2, mais sur les stratégies à mettre en œuvre pour y parvenir. La responsabilité est partagée entre l'industrie, qui doit se concerter et proposer des initiatives, et les gouvernements nationaux, dont la tâche est d'inciter à l'action en adoptant des politiques adéquates, a affirmé la commissaire. La Commission va apporter sa contribution, a assuré Viviane Reding, en annonçant la publication en février 2009 d'une seconde communication destinée aux gouvernements, à l'industrie et aux citoyens. Celle-ci comprendra des recommandations en vue de mettre en œuvre une action concrète en la matière. Une réunion à haut niveau sera ensuite organisée en mars, sous présidence tchèque, afin de mettre davantage en lumière les opportunités offertes par les TIC pour se tourner vers une économie plus soucieuse de l'environnement. « Nous avons besoin d'un cadre politique très clair, de lignes directrices et de politiques gouvernementales innovatrices », a souligné pour sa part Luis Neves, président de GeSI. « En prenant un rôle de leader, le secteur des TIC conduira à une révolution industrielle propre et verte, urgente pour réduire les émissions de CO2 », a-t-il poursuivi. Des moteurs de voitures plus économiques, une rationalisation de la logistique, une construction d'immeubles plus écologiques, de meilleurs réseaux électriques, tels sont les améliorations que peuvent apporter les nouvelles technologies, souligne le rapport. Selon celui-ci, les TIC pourraient permettre de réduire de 7,8 milliards de tonnes les émissions de CO2 d'ici 2020, ce qui correspond à 15% des émissions totales. En termes économiques, les TIC permettraient des économies d'énergie d'environ 500 milliards d'euros. Le rapport est disponible sur: http: //http://www.gesi.org (I.L.)