Bruxelles, 12/12/2008 (Agence Europe) - Dix nouveaux projets ont été ajoutés à la feuille de route européenne consacrée aux infrastructures de recherche, a annoncé, mardi 9 décembre la Commission européenne. « Le développement d'infrastructures de dimension internationale est essentiel à la création d'un espace européen de la recherche. Il doit figurer parmi les priorités des plans de relance de l'UE », a souligné le commissaire européen à la Recherche, Janez Potocnik, au cours d'une conférence sur les infrastructures de recherche, organisée à Versailles. La seconde version de la feuille de route, rédigée par le forum stratégique européen sur les infrastructures de recherche (ESFRI), comprend des projets tels que des laboratoires de haute sécurité pour la recherche sur les agents pathogènes mortels pour l'homme, des installations de pointe pour l'expérimentation des technologies de captage et de stockage du dioxyde de carbone, des radars ultramodernes pour étudier l'atmosphère terrestre, des infrastructures pour mieux comprendre les causes physiques des tremblements de terre, des éruptions volcaniques et des tsunamis ainsi que des télescopes de nouvelle génération pour l'astronomie gamma à haute énergie. La mise à jour opérée par cette feuille de route porte le nombre de projets prioritaires à 44 infrastructures de recherche dans tous les domaines de la science.
Lors de la conférence, tous les intervenants se sont félicités des travaux menées par l'ESFRI. « En envisageant les besoins de la recherche européenne pour les 20 prochaines années, ESFRI réalise un exercice d'anticipation et de prévision (…) Mais c'est un exercice qui nécessite que chaque État membre établisse également sa propre feuille de route nationale », a déclaré Valérie Pécresse, la ministre française de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle a également jugé que « l'exercice de l'ESFRI ne devrait pas conduire à une concentration géographique de ces infrastructures ». Toutefois, l'un des défis majeurs auquel les infrastructures doivent faire face est l'absence de cadre juridique européen. La Commission européenne avait proposé un tel cadre juridique l'été dernier, et les ministres européens de la recherche avaient approuvé la quasi-totalité du document. Néanmoins, un désaccord incombant principalement au Royaume-Uni et à l'Allemagne subsiste quant à la décision concernant l'exonération de ces infrastructures de la TVA. « Les États membres doivent s'assurer que cette proposition soit adoptée rapidement et qu'elle ne devienne pas victime de compromis qui la rendraient moins utile », a martelé M. Potocnik, prédisant qu'en cas de désaccord les projets de l'ESFRI seraient retardés pendant plusieurs années. La Présidence tchèque de l'UE aura donc la responsabilité de trancher ce problème. Abordant les questions budgétaires, Mme Pécresse a assuré qu'il n'y avait « pas de souci » de financement des infrastructures de recherche sur le sol français. Elle a toutefois admis que la Commission avait été chargée d'effectuer au plus vite « une évaluation des éventuels surcoûts d'ITER compte tenu du changement de contexte économique (envolée des prix des matières premières, de l'énergie) ». Et la ministre de conclure: « Il n'y aura pas de demandes supplémentaires (de financement) dans le cadre de l'actuelle législature » (EUROPE n° 9789). (B.C.)